Conjonctivite gonococcique de l’adulte

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On rencontre souvent la conjonctivite gonococcique d’un nouveau-né. Cependant, les adultes aussi sont susceptible d’être atteints.

Étiologie

Un adulte jeune, atteint de blennorragie urétrale ou vaginale contracte une conjonctivite à gonocoques par l’intermédiaire des doigts ou des lignes de toilette.

Symptômes

L’affection est presque toujours unilatérale. L’infection de la conjonctive se manifeste d’abord par :

  • une hyperhémie conjonctivale intense
  • une sensation de brûlure
  • de corps étranger

Le lendemain, au réveil, une sécrétion séreuse agglutine les cils. Bientôt les signes deviennent manifestes : les paupières sont oedèmatiées

Conjonctivite
Conjonctivite

la paupière supérieure :

  • rouge
  • tendue
  • ligneuse
  • l’oeil ne peut être ouvert que difficilement

La conjonctive apparaît alors :

  • d’un rouge vif
  • veloutée
  • parsemée de suffisions hémorragiques

Un bourrelet chémotique jaunâtre enchâsse et masque la cornée. L’oeil est douloureux, lourd ; la douleur irradie dans le territoire du trijumeau.

Des phénomènes généraux :

  • frissons
  • fièvre parfois élevée
  • insomnie obligent le malade à garder la chambre
  • une adénite prétragéenne douloureuse est à peu près constante

Vers le 3ème jour la sécrétion, d’abord séro-purulente et teintée de sang, devient franchement purulmente, jaunâtre, très abondante ; elle s’écoule sur la joue et se reproduit rapidement après que l’oeil a été essuyé. A ce moment, la conjonctive est épaissie, rouge, veloutée de saillie papillaires ; elle s’éctropionne facilement lorsqu’on entr’ouvre les paupières.

Vers la 3ème semaine, la blennorrhée prend une allure chronique. Les paupières ont repris leur aspect normal ; la sécrétion devient moins purulente, moins abondante aussi.

Le chémosis a disparu. Finalement, après quelques semaines, tout rentre dans l’ordre mais la conjonctive, rouge et épaissie, met longtemps à reprendre son aspect normal. L’évolution est d’ailleurs variable, suivant le degré de virulence du gonocoque.

Complications

La cornée est toujours gravement menacée dans la conjonctivite gonococcique de l’adulte. Même le traitement institué de façon précoce, au moment même de l’inoculation, ne met pas la cornée à l’abri de la perforation.

On pourrait citer le cas de plus d’un médecin, contaminé à l’occasion d’une examen, chez qui l’instillation immédiate de nitrate d’argent et le traitement le plus attentif n’ont pas empêché la perforation de la cornée.

L’infiltration de la cornée se manifeste de bonne heure, entre 2ème et le 5ème jour, par un trouble superficiel, bientôt suivi d’une érosion épithéliale, puis d’une nécrose qui donne à la cornée un aspect mat, dépoli.

L’ulcère apparaît au centre de la cornée ; souvent aussi, il occupe la périphérie, masqué d’abord par le chémosis ; l’ulcère marginal s’étend alors circulairement au pourtour de la cornée.

La perforation suit de près ; elle s’annonce par une douleur vive, bientôt suivie d’un soulagement, en même temps qu’un liquide tiède s’écoule sur la joue. Cependant, le perforation n’est pas fatale ; le trouble cornéen peut s’étténuer et ne pas aboutir à la perforation ; le cornéne s’éclaircit par la suite.

Des complications articulaires, dues à l’infection générale, peuvent s’observer.

Diagnostic

Le plus souvent, le diagnostic est évident :

  • la violence des réactions inflammatoires
  • l’abondance et le caractère purulent de la sécrétion
  • l’importance du chémosis
  • l’adénite pré-auriculaire sont des signes qui appartiennent en propre à la conjonctivite gonococcique

La notion d’une blennorragie urétrale ou vaginale confirme le diagnostic. Au début cependant, les signes différent peu de la conjonctivite à bacilles de Weeks. Le diagnostic peut être hésitant si la notion d’une blennoragie urétrale fait défaut.

L’examen microscopique, mettant en évidence le gonocoque dans la sécrétion conjonctivale, en même temps que dans la sécrétion urétrale ou vaginale, assure le diagnostic.

Pronostic

La conjonctivite gonococcique de l’adulte est une affection redoutable, par le risque de perforation qu’elle fait courir à la cornée.

Heureusement, l’affection n’est que rarement bilatérale. Les séquelles sont celles de toute perforation de la cornée

Traitement

Il faut prévenir le malade atteint d’urétrite ou de vulvite blennorragique du risque de contamination de l’oeil.
La conjonctivite une fois installée sur un oeil, il faut tout faire pour éviter l’infection de l’autre oeil.

Il suffit en général de conseiller le malade pour qu’il évite de contage par :

  • les doigts
  • les linges de toilette
  • les draps

L’emploi d’un verre de montre, maintenu au-devant de l’oeil sain par un adhésif peut être utile, la nuit surtout. Il a cependant l’inconvénient de provoquer une macération qui fragilise la conjonctive et la rend plus apte à la pullulation du gonocoque.

Le traitement diffère peu de celui de la conjonctivite du nouveau-né.

la pénicilline a supplanté tous les autres traitements locaux. Les instillations sont d’abord répétées toutes les minutes pendant une demi-heure, puis elles sont régulièrement espacées, de quelques heures.
La cornée doit être surveillée chaque jour avec le plus grand soin.

Le traitement général a une importance capitale. Les injections de lait, les vaccins, utilisés avec profit il y a quelques années, sont actuellement supplantés par les sulfamides, employés à doses massives, et par la pénicilline.

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