Correction de l’astigmatisme mixte et l’anisométropie

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Il est plus qu’important d’apporter une correction adéquate pour l’astigmatisme mixte et l’anisométropie.

Astigmatisme mixte

La correction de l’astigmatisme mixte est en général difficile et impose souvent es tâtonnements.

Prenons l’exemple suivant : la skiascopie a montré :

  • un méridien horizontal myope de 2 dioptries
  • un méridien vertical hypermétrope de 2 dioptries
  • l’ophtalmomètre a montré entre les 2 méridiens principaux, dans la position vertical de l’arc gradué, une différence de 4 dioptries

Un sujet jeune

Verre correcteur
Verre correcteur

Si le sujet est jeune, doué d’accommodation, il voit nette la ligne verticale du cadran, à la faveur d’une accommodation de 2 dioptries.

Un cylindre 4, axe horizontal, agit sur le méridien vertical et égalise les méridiens.

Les 2 méridiens sont alors hypermétropes de 2 dioptries.

Il faut donc surajouter un sphérique +2 qui corrige l’hypermétropie.

Toutes les lignes du cadran sont vues nettes et l’échelle est vue correctement.

Un sujet âgé

Si le sujet est âgé, sans accommodation, les 2 lignes du cadran sont vue troubles.

Il faut placer d’abord un sphérique convexe +2, qui corrige le méridien horizontal et fait voir nette la ligne verticale du cadran.

On place alors un cylindre 4, axe horizontal.

En pareil cas, il convient de donner des verres différents pour la vision au loin et pour la lecture.

On corrigera à l’aide de verres concaves pour la vision au loin et de verres convexes pour la lecture.

En règle générale, dans la correction de l’astigmatisme, c’est le résultat de l’épreuve subjective qui tranche en dernier ressort et s’il n’y a pas concordance entre le résultat de la skiascopie, la détermination de l’axe à l’ophtalmomètre et le résultat de la correction par les verres, c’est en définitive l’essai des verres qui fait foi.

La correction de l’astigmatisme, la prescription des verres s’apprennent surtout par une pratique appliquée et patiente.

En général, il convient, lorsqu’on corrige pour la première fois un astigmatisme, de ne pas prescrire les verres qui correspondent à une correction totale, mais de prescrire les verres facilement supportés.

La correction la plus simple est la meilleure.

Chez l’enfant, il vaut mieux, après avoir noté la correction et prescrit des verres correcteurs faibles, avoir recours, dans une séance ultérieure, à l’atropine, pour établir avec soin la réfraction exacte.

Atropine
Atropine

On attend alors que l’effet de l’atropine soit épuisé, pour formuler la correction, que l’on améliore progressivement, au cours des années.

Anisométropie

C’est l’inégalité marquée dans l’état de réfraction des 2 yeux.

La réfraction des 2 yeux est très souvent légèrement inégale.

Un oeil est emmétrope, l’autre légèrement myope ou hypermétrope.

Les yeux sont inégalement myopes ou hypermétropes.

Si la différence de réfraction est minime, cela n’entraine aucun trouble.

La vision binoculaire n’en existe pas moins.

A l’opposé, lorsque la différence de réfraction est considérable, comme dans la myopie forte unilatérale, l’oeil amétrope est en général amblyope, le plus souvent sans strabisme.

Dans d’autres cas, qui constituent le véritable tableau chimique de l’anisométropie, un oeil est myope, l’autre est hypermétrope.

La vision est en général alternante.

L’acuité visuelle est également bonne aux 2 yeux.

L’oeil hypermétrope est utilisé pour la vision au loin, l’oeil myope pour la vision de près.

Ce peut être un avantage réel à l’âge de la presbyopie.

L’oeil hypermétrope sert pour la vision au loin ; il est exclu de la lecture ; l’oeil myope permet la lecture sans verre.

L’anisométropie n’est cependant pas toujours bien supportée : le malade souffre d’une insuffisance de convergence, accompagnée de diplopie.

Il peut éprouver de la peine à apprécier les distances, le relief.

La vision alternante elle-même est parfois gênante : la neutralisation est imparfaite ; les images reçues par l’oeil exclu viennent troubler celles de l’oeil en fixation ; il y a “confusion” ; l’image floue vient se surimposer à l’image correcte et la salir.

Le malade est souvent obligé de fermer l’oeil inactif.

Aucune règle précise ne peut être formulée ; les indications du traitement varient avec chaque cas particulier.

  • si l’oeil est amblyope, il n’y a aucune correction à apporter
  • si les 2 yeux sont inégalement hypermétropes est que la différence de réfraction ne soit pas considérable, il est bon de corriger les 2 yeux, chacun avec se réfraction, puis d’éduquer la vision binoculaire
  • si l’anisométropie est accusée, on peut encore tenter la correction de chaque oeil, mais en se contentant, s’il le faut, d’une correction partielle, pour éviter une différence dans la grandeur des images (aniséiconie) ; il faut s’assurer que la correction est bien supportée dans la vision binoculaire ; les verres de contact peuvent rendre service en pareil cas
Strabisme
Strabisme

L’important, chez un enfant présentant une anisométropie, c’est d’éviter le strabisme auquel elle expose et de sauvegarder la vision binoculaire en l’éduquant, pour ne pas laisser s’installer l’amblyopie ex anopsia.

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