Le champ visuel

0
1081

Lorsque nous regardons un objets, nous le voyons de façon précise, mais, tout autour du point que nous fixons avec notre macula, nous percevons dans l’espace les objets environnants de façon indistincte ; L’étendu de l’espace que l’oeil, demeurant immobile, peut embrasser autour du point qu’il fixe, appelé point de fixation, est le champ visuel.

Champ visuel monoculaire

La rétine n’est sensible, que jusqu’au voisinage de l’ora serrata.

Théoriquement, toute l’étendue de la rétine sensible est apte à répondre à une excitation lumineuse (champ visuel absolu), mais nous n’utilisons pas toute cette étendue ; le champ visuel est limité par la proéminence du front, du nez, des pommettes.

C’est un champ visuel relatif.

Sa forme et ses limites varient donc, dans une certaine mesure, suivant les individus ; elles varient aussi, lorsque le malade est devant le périmètre, suivant la position de la tête reposant sur l’appui mentonnier.

Si la tête est inclinée en avant, il arrive que le champ visuel soit limité en hauteur par l’arcade sourcilière.

Champ visuel binoculaire

L’espace embrassé lorsque les 2 yeux sont grands ouverts s’appelle : champ visuel binoculaire.

Il n’est pas la somme des 2 champs monoculaires ; il est formé par ces 2 champs, chevauchant l’un sur l’autre dans leur moitié nasale.

Au milieu se trouve ainsi réalisé le “champ de vision binoculaire”.

Les objets qui y sont situés impressionnent en même temps les 2 yeux.

De chaque côté se trouve un croissant de vision périphérique : le croissant temporal.

Les objets qui occupent cette partie du champ n’impressionnent qu’un oeil : celui du même côté.

En clinique, on étudie séparément le champ de chacun des 2 yeux.

Dans le champ visuel ainsi défini, la rétine offre des zones de sensibilité différente :

  • la tache aveugle de Mariotte
  • les zones de sensibilité de la rétine
  • la sensibilité de la rétine aux couleurs

La tache aveugle de Mariotte

La partie de la rétine qui correspond à l’entrée du nerf optique ne renferme pas d’éléments de perception ; elle est simplement le lieu de rassemblement des fibres nerveuses.

A cette région projetée dans le champ visuel correspond la “tache aveugle”.

Il y a là un manque absolu de sensation visuelle, un “trou dans la vision”.

Dans les conditions habituelles de la vie,  cette lacune n’attire pas notre attention parce qu’elle est couverte par la vision de l’autre oeil.

Le borgne lui-même ne la perçoit, parce que le point de fixation  est rarement stationnaire et aussi parce que la conscience possède la faculté de compléter une image incomplète.

La papille étant située du côté nasal par rapport à la fovea, et un peu au-dessus d’elle, et l’image se trouvant inversée dans le champ visuel, la tache aveugle est située, dans le champ visuel, en dehors du point de fixation, à 12° ou 15° environ et immédiatement au-dessous du méridien horizontal.

C’est une aire ovalaire à grand diamètre vertical de 7° à 8° et à diamètre horizontal de 5° à 6°

Les zones de sensibilité de la rétine

Rétine normal
Rétine normal

D’autre part, la rétine ne possède pas partout la même sensibilité.

Dans les conditions habituelles d’éclairement, l’oeil étant adapté à la lumière, la fovea est le point le plus sensible de la rétine.

La sensibilité à la lumière décline progressivement vers la périphérie.

Si on explore la sensibilité du champ de la rétine en faisant varier l’intensité de l’excitation, c’est-à-dire en choisissant un index moins éclairé ou de plus petite dimension, contrastant moins sur le fond de l’écran périmétrique, l’index, tout juste perçu dans la partie central du champ visuel, devient invisible dans la partie périphérique.

En utilisant une série de tests convenablement gradués, Rönne a pu déterminer dans le champ visuel les zones de la rétine susceptibles de répondre à un stimulus donné, à tracer le plan des zones de sensibilité identique : isoptères de sensibilité.

Lorsqu’on examine en clinique le champ visuel, on s’applique, en utilisant des index appropriés, à explorer les principaux isoptères de sensibilité.

Sensibilité de la rétine aux couleurs

Le champ visuel pour les couleurs est moins étendu que pour la blanc.

A la périphérie du champ, les couleurs ne sont pas perçues ; elles apparaissent d’un gris uniforme.

La vision périphérique est “achromatique”.

Venant de la périphérie, le bleu est perçu le premier, puis le jaune, puis le rouge, puis le vert.

Le tracé du champ visuel, relevé pour les couleurs, est inscrit dans le champ du blanc ; le champ pour le vert est le plus resserré.

L’exploration du champ des couleurs semble donc devoir donner des renseignements plus précis sur les différences de sensibilité de la rétine :

  • une aire de la rétine
  • encore sensible pour le blanc
  • peut être insensible à la couleur

Mais la sensibilité de la rétine pour les couleurs varie considérablement suivant que l’oeil est adapté à la lumière ou non et même, dans les conditions ordinaires, l’oeil étant adapté à la lumière, elle varie considérablement suivant l’intensité lumineuse du test coloré employé ; et ceci au point que le champ des couleurs, si on augmente l’intensité du test, peut arriver à coïncider (sauf toutefois pour le vert) avec le champ pour le blanc.

La différence entre le champ pour les couleurs et le champ pour le blanc est question de qualité et non de quantité.

C’est pourquoi, en pratique, l’examen du champ des couleurs ne donne pas les renseignements précis que l’on croyait pouvoir en attendre.

L’examen à l’aide d’index colorés est théoriquement plus sensible que l’examen à l’index blanc ; il devrait donc donner des résultats plus nuancés.

En pratique, cela est vrai pour la rétine centrale ; l’examen de la vision centrale aux index colorés est indispensable parce qu’il révèle les moindres défaillances de sensibilité ; il révèle par exemple l’existence d’un scotome central dit “relatif”, tandis que l’examen à l’index blanc ne révèle un scotome que lorsque la sensibilité à la lumière est abolie : scotome absolu.

Par contre, l’examen du champ visuel périphérique aux index colorés, soumis à de trop grandes variations, ne s’impose pas en pratique ; il peut être remplacé par l’emploi d’index blancs dont le diamètre a été étudié pour l’exploration des principaux isoptères.

Méthodes d’examen

L’examen méthodique du champ visuel comporte :

  • l’examen des limites périphériques, par la périmétrie
  • la recherche systématique d’un déficit dans l’aire du champ visuel, à l’aide des écrans campimétriques ou périmétriques
  • l’examen de la vision centrale

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here