Ophtalmie purulente du nouveau-né

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La conjonctivite gonococcique du nouveau-né, très fréquente autrefois et suivie de cécité bilatérale, est devenue exceptionnelle.

Étiologie

A la naissance, normalement, le yeux sont clos. La peau de paupières est recouverte d’un enduit graisseux : la conjonctivite est à l’abri.

Nouveau-né
Nouveau-né

L’infection peut se faire :

  • au cours même de l’accouchement : l’occlusion normale des paupières peut être forcée et l’oeil ouvert par la pression du forceps ou par les manœuvres de l’accoucheur.
  • elle peut se faire encore au passage de la tête au périnée, surtout au cours des présentation de la face
  • immédiatement après la naissance, l’infection peut être apportée lorsqu’on ouvre les paupières avec les doigts ou avec un ligne qui a servi à la mère, où à l’occasion du premier bain
  • par la suite, l’infection se fait dans le lit de l’accouchée, par les draps, les lignes, les doigts souillés des lochies
  • l’infection avant la naissance est tout à fait rare ; elle peut se faire si les membranes sont rompues prématurément

L’ophtalmie purulente peut être due à une flore microbienne variée, souvent associée. Le gonocoque est mis en évidence dans 50% des cas. Dans d’autres cas, on trouve une flore associée où dominent le staphylocoque et le pneumocoque.

Il y a aussi une infection à virus, caractérisée par la présence d'”inclusions” dans l’épithélium conjonctival de l’enfant, dans l’épithélium de l’urètre et du vagin chez la mère ; c’est la “conjonctivite à inclusions du nouveau-né”.

La conjonctivite gonococcique est la forme la plus habituelle, de beaucoup la plus grave.

Symptomatologie

Les premiers signes de la conjonctivite gonococcique se manifestent dès le 2ème ou le 3ème jour après la naissance. Cette précocité est un signe de grande valeur pour le diagnostic et l’on peut admettre qu’une conjonctivite qui survient après le 5ème jour n’est probablement pas de nature gonococcique.

On observe cependant, bien que rarement, l’apparition plus tardive d’une conjonctivite à gonocoques. on admet alors que l’infection s’est faite après la naissance, par les lignes contaminés. Cette conjonctivite tardive a une évolution ordinairement plus bénigne.

Le plus souvent, les deux yeux sont atteints. Ils peuvent l’être l’un après l’autre, par contamination de l’un à l’autre.

Les signe sont :

  • l’agglutination des cils que l’on remarque un matin
  • une sécrétion anormale, blanchâtre, souvent d’un jaune assez intense, apparaît sur le bord des paupières et s’accumule dans l’angle interne
  • très rapidement, les  paupières deviennent rouges, œdémateuses et se laissent difficilement écarter
  • la conjonctive apparaît alors d’un rouge vif, tomenteuse
  • la conjonctive bulbaire oedématiée forme autour de la cornée un bourrelet saillant qui l’enchâsse
  • on perçoit parfois un ganglions prétragéen

Les phénomènes s’aggravent en peu de jours : Les paupières sont :

  • oedématiées
  • rouges
  • tendues
  • luisantes
  • agglutinées sur les bords
  • saillantes en avant parce que la sécrétion purulente s’est accumulée sous les paupières fermées

Les paupières doivent être alors ouvertes avec précaution : l’enfant étant immobilisé, le releveur de Desmarres est insinué sous le bord palpébral, sur le côté pour ne pas érailler l’épithélium cornéen. La paupière supérieure est alors soulevée, de loin, car le pus accumulé dans le sac conjonctival gicle à distance.

Conjonctivite gonococcique
Conjonctivite gonococcique

D’abord fluide, la sécrétion devient franchement purulente. Le pus filtre en abondance entre les paupières et s’écoule sur la joue ; c’est le stade de pyorrhée ou de blenorrhée. Vers le 10ème jour, les paupières se dégonflent deviennent plus souples et l’enfant commence à ouvrir les yeux. La suppuration se poursuit pendant plusieurs semaines, s’atténuant peu à peu.

La conjonctive, à ce stade, est :

  • rouge
  • tomenteuse
  • épaissie
  • granité

Peu à peu l’hyperhémie diminue et la conjonctive recouvre son aspect normal. L’affection a duré en tout 5 à 7 semaines, parfois davantage. Mais le graves complications ont pu survenir entre temps.

Complications

La cornée est particulièrement menacée dans la conjonctivite gonococcique, surtout lorsque le traitement a été institué trop trad ou a été négligé.

L’infiltration de la cornée s’observe dans un quart des cas environ. Elle se manifeste dans le cours de la 2ème ou de la 3ème semaine, parfois dès les premiers jours sous forme d’un trouble grisâtre qui occupe le plus souvent la partie inférieure de la cornée qui est en contact permanent avec le pus.

C’est un trouble d’abord superficiel, qui peut passer inaperçu si l’on ne prend pas sois d’observer systématiquement la cornée.

Au dépoli du début succède une perte de substance en surface, dont le fond est de teinte grisâtre et les bords troubles.

La nécrose de la cornée s’étend rapidement en surface et en profondeur et aboutit souvent à la perforation. Celle-ci peut se faire brusquement ; le cristallin est alors projeté hors de l’oeil et la panophtalmie s’installe.

Le plus souvent, la perforation est d’étendue limitée. La suppuration se tarit ; il reste comme reliquat un leucome adhérent, avec les conséquences qu’il entraîne pour l’avenir. Dans les cas où la perforation a pu être évitée, il persiste simplement une taie, susceptible de s’éclaircir avec le temps.

Il n’est pas rare qu’une cataracte polaire antérieure soit le reliquat d’une perforation limitée de la cornée. Sa constatation peut servir au diagnostic rétrospectif de l’ophtalmie du nouveau-né. D’autres complications peuvent traduire l’infection générale de l’organisme par le gonocoque.

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