Conjonctivites à pneumocoques

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Il est difficile de considérer comme une entité clinique la conjonctive à pneumocoques, d’autant que la présence du pneumocoque dans la sécrétion ne signifie pas « conjonctive à pneumocoques ». Le pneumocoque est en effet un saprophyte du sac conjonctival.

Chez les malades atteints de dacryocystite chronique, le pus qui reflue dans le sac conjonctival fourmille de pneumocoques, sans provoquer autre chose qu’une irritation chronique de la conjonctive.

D’autre part, on n’observe guère de conjonctive à l’occasion d’une pneumonie. Certaines conjonctivites paraissent cependant relever du pneumocoque, sans doute dans certaines conditions de sensibilité locale.

Symptômes

Conjonctivite aiguë muco-purulente à pneumocoques

Elle apparaît souvent chez un enfant atteint depuis quelques jours d’un coryza intense. Elle s’installe très rapidement sur un oeil puis, après quelques heures, sur le second oeil, sous forme d’une conjonctive aiguë ; on pourrait penser au début d’une conjonctive à gonocoques.

Coryza
Coryza

L’oedème rosé du bord libre des paupières, de la paupière supérieure surtout, est le signe caractéristique. La conjonctive bulbaire est rouge, légèrement oedémateuse.

La conjonctive palpébrale est parfois couverte d’un enduit pseudo-membraneux qui se laisse détacher facilement. En peu de temps d’affection atteint son plein développement ; elle s’accompagne alors d’une sécrétion abondante fluide avec quelques flocons purulents.

Parfois, la conjonctive bulbaire, dans la partie au contact du bord oedémateux de la paupière, présente des hémorragies ponctiformes.

Brusquement, vert le 5ème et 6ème jour les symptômes aigus cèdent. L’affection est arrivée à la phase critique ; la conjonctive est guérie.

Cette « phase critique », sur laquelle Axenfeld insiste et qu’il compare à celle de la pneumonie, n’est évidente que dans les cas qui surviennent sous forme d’épidémie, dans une famille ou dans une école. La conjonctivite à pneumocoques est parfois associée à la diphtérie.

La conjonctivite lacrymale à pneumocoques du nouveau-né

Décrite par Perinaud, est relativement fréquente.

Elle apparaît vers le 10ème ou le 12ème jour après la naissance, en même temps qu’un coryza. Le premier signe est l’agglutination des paupières, accompagnée d’un larmoiement abondant.

Des dépôts fibrineux apparaissent dans le cul-de-sac inférieur, puis une sécrétion muco-purulente s’installe. La pression sur l’angle interne, au niveau du sac, fait refluer des larmes et parfois un petit flocon de pus.

La conjonctive des paupières est rouge, veloutée ; la conjonctive bulbaire est à peine hyperhémiée. Les yeux sont larmoyants et sales. Un ulcère de la cornée peut apparaître après quelques jours.

L’affection, en général liée à une obstruction du canal lacrymo-nasal, dure quelques semaines, parfois plusieurs mois.

Traitements

Collyre
Collyre

La conjonctivite à pneumocoques a tendance à la guérison spontanée. Elle ne nécessite d’autre traitement que des lotions tièdes ou de petits lavages au sérum physiologique et des instillations quotidiennes d’un collyre :

  • au sulfate de zinc à 1/200
  • à l’argyrol à 5%
  • au mercurochrome à 2%
  • à la pénicilline

Chez le nouveau-né, dans les cas traînants et lorsque le canal lacrymo-nasal est obturé, de légers massages sur le cas lacrymal, au besoin d’injection par le point lacrymal inférieur de quelques gouttes de sérum physiologique favorisent la guérison.

Il faut en même temps soigner le coryza par des lavages des fosses nasales au sérum physiologique, l’introduction dans les narines d’une pommade à la novoptine ou de quelques gouttes d’huile goménolée.

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