La paralysie nucléaire d’un nerf oculo-moteur

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Le nerf oculomoteur ou nerf moteur oculaire commun fait parti du nerf crânien.

Paralysie nucléaire du moteur oculaire commun

Si l’on se basait trop strictement sur les données anatomiques pour interpréter le siège de la lésion causale.

Paralysie du nerf oculomoteur
Paralysie du nerf oculomoteur

On pourrait se croire en droit de conclure au siège nucléaire d’une paralysie du III lorsque la paralysie est bilatérale, en particulier lorsqu’elle intéresse, conformément au schéma de Bernheimer, le droit interne et le petit oblique d’un côté (dont l’innervation est bilatérale), le muscle droit inférieur (dont l’innervation est croisée) de l’autre.

On pourrait admettre une origine nucléaire lorsque la paralysie atteint isolément soit la musculature externe, soit la musculature interne.

On sait, en effet, que la circulation du noyau d’Edinger-Westphal est assurée par l’artère cérébrale postérieure, tandis que le noyau principal est vascularisé par le tronc basilaire.

En réalité, il convient de n’établir qu’avec réserve le diagnostic de paralysie nucléaire du III. En effet :

Une paralysie bilatérale peut relever d’une lésion méningée, atteignant à la fois les deux nerfs dans l’espace interpédonculaire.

Une paralysie limitée aux muscles extrinsèques peut être une paralysie tronculaire.

Même, exceptionnellement, une ophtalmoplégie interne peut relever d’une atteinte du tronc nerveux.

L’absence de ptosis dans une ophtalmoplégie externe n’est pas davantage pathognomonique (comme le croyait de Graefe) d’une lésion nucléaire.

Seul plaide avec certitude pour l’atteinte nucléaire, le fait qu’en même temps, précédent la paralysie ou lui faisant suite, s’installent les symptômes bulbaires d’une encéphalite, d’une polioencéphalite ou d’une poliomyélite, affections dont on sait qu’elles ont une prédilection pour les noyaux des nerfs crânienx échélonnés dans la protubérance et le bulbe.

Ou bien encore le fait que la paralysie du III est associée à une paralysie du regard de verticalité, ce qui indique le siège au voisinage de la commissure blanche postérieure ou de la bandelette longitudinale postérieure.

Paralysie bilatérale du III

Avec les réserves que nous venons de faire, une paralysie bilatérale du III peut être due à une lésion nucléaire.

C’est le cas surtout où elle est associée à une paralysie du IV, elle-même souvent bilatérale (compression de la lame quadrigéminale par une tumeur du cervelet).

Ophtalmoplégie interne

C’est la paralysie de la musculature interne de l’œil : sphincter de la pupille et muscle ciliaire. Elle se manifeste par deux symptômes :

La dilatation de la pupille La pupille est en mydriase large, le réflexe photo-moteur est aboli ; la réaction à la vision de près est également abolie.

La paralysie de l’accommodation. L’ophtalmoplégie interne ne doit pas être confondue avec celle que donne l’instillation d’atropine ou de ses dérivés.

L’ophtalmoplégie interne peut demeurer inchangée ; elle peut cependant rétrocéder ; la réaction à la vision de près est rétablie avant le réflexe photo-moteur.

Elle est le plus souvent le signe d’une lésion nucléaire (maladie infectieuse), intoxication intéressant le noyau d’Edinger-Westphal ; elle peut être cependant réalisée par une atteinte tronculaire.

L’ophtalmoplégie interne peut s’observer à titre isolé. Elle peut être également associée à d’autres signes traduisant l’atteinte du système nerveux (ophtalmoplégie nucléaire progressive).

Ophtalmoplégie
Ophtalmoplégie

Elle est le plus souvent symptomatique d’une syphilis du système nerveux et témoigne d’une atteinte profonde ; elle comporte donc un pronostic fâcheux.

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