Le traitement s’adresse à l’atrophie optique elle-même, que l’on peut avoir l’espoir d’améliorer par une médication vaso-dilatatrice.
Atrophie simple unilatérale de la papille
L’atrophie simple de la papille lorsqu’elle est unilatérale, trouve son explication facilement lorsqu’elle résulte d’un traumatisme crânien.
Par contre, découverte fortuitement au cours d’un examen ophtalmoscopique, elle pose un problème de diagnostic extrêmement délicat.
Elle peut être due à une cause orbitaire, à une tumeur du nerf optique, à une ostéite de l’apex orbitaire.
Elle incite à rechercher avec le plus grand soin les signes d’une tumeur cérébrale (méningite de la petite aile, tumeur de la face inférieure du lobe frontal).
Si l’atrophie optique d’un côté est associée à un œdème papillaire de l’autre, on est en présence du syndrome de Foster-Kennedy, symptomatique d’une tumeur située au voisinage du nerf optique intra-crânien.
Si le fond d’œil du côté opposé est normal, le relevé attentif du champ visuel, montrant du côté sain en scotome hémianopsique, apporte les éléments indispensables au diagnostic.
Une atrophie optique unilatérale peut être due à la compression du nerf par un anévrysme de la carotide, par l’artère communicante antérieure.

La carotide
En général, le diagnostic offre de grandes difficultés.
L’interrogatoire, la recherche des commémoratifs, l’examen ophtalmoscopique méthodiquement conduit, joints à un examen général, avec étude des réactions sérologiques dans le sang et le liquide céphalo-rachidien permettent d’élucider rapidement la plupart des cas.
La radiographie du crâne, qu’il ne faut pas manquer de réclamer en présence d’une atrophie optique non authentifiée, peut confirmer le diagnostic, soupçonné cliniquement, d’une malformation crânienne, ou mettre en évidence quelque signe utile pour le diagnostic.
L’examen neurologique surtout, toujours indispensable, permet de confirmer le diagnostic d’une affection neurologique soupçonnée, de parfaire le diagnostic de tumeur cérébrale.
Dans bien des cas, cependant, parfaitement étudiés, l’étiologie d’une atrophie optique nous échappe.
Pronostic
Constater une atrophie optique ne permet pas de porter un pronostic.
D’abord, pâleur de la papille ne signifie pas atrophie. Si un petit nombre seulement de fibres dispersées a subi la dégénérescence, cela peut suffire à donner un aspect atrophique ; en pareil cas, l’atrophie est compatible avec une acuité visuelle normale.
Évidemment, lorsque l’atrophie optique s’accompagne de rétrécissement des vaisseaux, ou d’une dépression en soucoupe, elle évoque d’emblée un caractère de grande gravité.
Mais ce qui fait le pronostic, c’est le degré de baisse visuelle, c’est l’importance du déficit dans le champ visuel.
Traitement
Ce n’est pas non plus parce que la papille est atrophique que la partie est perdue du point de vue thérapeutique.
S’il persiste un peu de vision et surtout si la baisse visuelle va en s’aggravant, il faut tout faire pour sauvegarder ce qui peut encore être sauvé de vision.
Le traitement s’adresse avant tout à l’étiologie et, dans le cas où l’étiologie n’est pas élucidée, le traitement spécifique est toujours justifié, à titre de traitement d’épreuve et en attendant que le diagnostic étiologique soit établi.
Mais il ne faut pas s’attacher indûment et aveuglément au traitement spécifique.
Il faut toujours penser à l’arachnoïdite opto-chiasmatique ; à l’arachnoïdite intra-canaliculaire.
Il faut toujours penser à la tumeur cérébrale et envisager avec le plus grand soin les indications d’une intervention chirurgicale.

Une intervention chirurgicale
L’atrophie optique unilatérale, dans le cas où l’étiologie n’est pas élucidée, doit conduire à envisager une opération exploratrice intra-crânienne.