La sclérite

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1975

A petite du limbe, dans la partie antérieure du bulbe couverte par la conjonctive, apparaît un nodule inflammatoire.

Sclérite antérieure

A petite du limbe, dans la partie antérieure du bulbe couverte par la conjonctive, apparaît un nodule inflammatoire.

On a d’emblée l’impression qu’il fait corps avec la coque sclérale. C’est une soulèvement en dôme, à limites diffuses, de coloration sombre, d’un gris violacé.

La sclérite
La sclérite

La conjonctive est mobilisable au-devant du nodule. La pression, toujours douloureuse, efface un instant la rougeur, qui reparaît immédiatement.

A la lampe à fente on observe, par transparence à travers la conjonctive hyperhémiée, un trouble œdémateux où se trouvent noyés des vaisseaux tortueux et dans lequel s’épanouissent des arborisations vasculaires.

L’affection s’est installée en peu de jours, accompagnée de vives douleurs. La douleur est dans l’œil, profonde, ou derrière l’œil, avec des irradiations au pourtour de l’orbite.

Elle est exagérée par les mouvements du globe, par la lecture qui sollicite l’accommodation, de sorte que tout travail devient impossible.

La vision est cependant en général peu troublée.

L’évolution, dans les cas les plus favorables, traîne pendant ses semaines. Peu à peu, le rougeur s’efface, les douleurs diminuent et tout rentre dans l’ordre.

Une tache ronde circonscrite de couleur ardoisée traduit, comme reliquat indélébile, l’amincissement de la sclérotique. Une ectasie sclérale peut apparaître par la suite en cet endroit.

Mais de nouvelles poussées peuvent survenir, sur le même œil ou sur l’autre, après de longs intervalles de calme.

Un nouveau nodule de sclérite apparaît, chaque fois en un endroit différent.

A ce tableau clinique le plus habituel correspond, comme substratum anatomique, une infiltration inflammatoire qui dissocie les lames de la sclérotique ; des foyers inflammatoires sont formés par accumulation de lymphocytes autour des vaisseaux ; ils peuvent réaliser de véritables nodule.

L’inflammation aboutit à la nécrose du tissu scléral.

Mais le plus souvent, l’inflammation se poursuit à l’intérieur du globe, le long des vaisseaux ciliaires.

Il y a, de façon à peu près constante, des altérations dans la partie antérieure de l’uvée, en arrière du corps ciliaire et sur le coup ciliaire lui-même.

Cette participation du tractus uvéal au processus inflammatoire est une notion essentielle ; elle peut seule nous donner l’explication de l’allure clinique que revêtent certaines formes d’une sclérite, on a tendance, lorsqu’il observe sur l’œil énuclée les altérations du tractus uvéal, à les considérer comme secondaires et l’on pourrait croire que la sclérite s’est propagée le long des vaisseaux ciliaires vers le tractus uvéal.

Mais il faut sans doute renverser la proposition.

Si l’on se représente la structure fibreuse de la sclérotique, en regard de l’allure clinique que revêt l’affection et en regard des lésions anatomiques observées, on ne peut s’empêcher de penser que la sclérite elle-même n’est que la manifestation visible d’une inflammation sous-jacent du tractus uvéal, demeurée cliniquement latente.

Anatomie de la partie postérieure du globe oculaire
Anatomie de la partie postérieure du globe oculaire

Scléro-kératite en secteur

La cornée participe souvent au tableau pathologique de la sclérite et même de l’épisclérite.

C’est ainsi qu’au voisinage d’un bouton d’épisclérite on peut voir apparaître des infiltrats de la cornée environnés d’anses vasculaire profondes.

Le forme la plus schématique de cette participation de la cornée nous est donnée par la scléro-kératite en secteur, que l’on observe dans le zona ophtalmique.

En un point de la sclérotique voisin du limbe apparaît un nodule de sclérite. Sur la cornée, en regard de  ce nodule, apparaît un trouble interstitiel de la cornée ; ce trouble est limité à un secteur de la cornée.

Il a la forme d’un triangle à base limbique, à sommet émoussé orienté vers le centre, qu’il n’atteint pas . Il y a anesthésie dans ce seul secteur de la cornée.

Parfois quelques précipités discrets couvrent la face profonde de la cornée, au sommet du triangle.

Après quelques jours ou quelques semaines, un nouveau nodule de sclérite apparaît au voisinage du premier et un nouveau secteur de cornée est intéressé, dont le triangle se juxtapose au premier, chevauchant un peu sur ses bords.

A près 3 semaines environ d’évolution, un bouquet vasculaire profond en balai de bouleau, en buisson de genêt — le même que celui de la kératite interstitielle — émerge du limbe dans chacun des secteurs envahis de la cornée.

Une irido-cyclite accompagne parfois ce processus.

Après 1 mois ou 2, les séssions s’effacent ; le trouble de la cornée se dissipe au moins partiellement ; les vaisseaux ne se voient plus que sous forme d’un chevelu de filaments blancs.

Sur la sclérotique, une tache ardoisés représente la cicatrice sclérale.

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