Plaies franches des paupières

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Les plaies des paupières se présentent sous des aspects divers, suivant l’agent vulnérant qui les a produites.

Plaies franches, par section

Plaies franches, par section, les blessures par bris de vitre, bris de glace d’auto en sont la cause habituelle.

Plaies des paupières
Plaies des paupières

Si la section n’intéresse que la peau, qu’elle soit transversale ou verticale, elle est en général sans gravité ; elle se répare spontanément, sans cicatrice visible et ne nécessite aucun traitement.

Une plaie transversale peut cependant intéresser le releveur de la paupière. La plaie peut aussi toucher les nerfs ou vaisseaux des paupières.

Si la plaie, verticale ou oblique, intéresse toute l’épaisseur de la paupière, la cartilage s’éverse, en raison de la direction des fibres de l’orbiculaire.

Les lèvres de la plaie s’écartent. Il se produit une brèche angulaire, à bords éversés, qui n’a aucune tendance à la réparation spontanée.

Dans les graves plaies par bris de glace, les lambeaux des paupières peuvent être dispersés en tous sens ; des haillons pendant sur la joue.

Traitement

En règle générale, avec les réserves signalées plus haut, toute plaie des paupières doit être examinée et traitée immédiatement.

Le traitement est un véritable acte chirurgical qui comprend :

  • l’examen de la plaie
  • sa désinfection
  • sa réparation

L’anesthésie générale est souvent indispensable. Elle permet de déterger la plaie, de l’explorer, d’enlever les débris de verre ou les corps étrangers, d’assurer la désinfection primitive, d’effectuer convenablement les sutures. La réparation n’est que le dernier temps de cet acte chirurgical.

Si la plaie de la paupière supérieure est parallèle au bord libre, il faut avant tout penser au releveur de la paupière ; c’est sa réparation qui importe, pour éviter le ptosis.

Les plaies transversales de la peau se cicatrisent sans suture.

Si la plaie est verticale, intéressant le bord libre, elle impose une restauration minutieuse.

Sous l’influence de l’orbiculaire, en effet, les lèvres de la plaie s’écartent et découvrent largement le globe. En réparant la paupière, il faut se préoccuper.

D’éviter le colobome du bord libre, toujours disgracieux.

D’éviter l’irritation de la cornée par les fils de suture. Pour cela, après avoir profité de la béance de la plaie pour s’assurer que l’œil est sain, il faut, comme premier temps, placer un fil d’appui et de repérage qui charge de part et d’autres les lèvres du bord libre en des points parfaitement symétriques de la marge, immédiatement en avant du bord glandulaire.

Ce fil, lorsqu’on le tend, rapproche les deux lèvres de la plaie. A la faveur de ce guide et de cet aspect indispensable, la réparation sera conduite de la façon suivante :

Au-dessus du cartilage tarse, suture de la conjonctive au catgut, noué dans l’épaisseur de la paupière.

Au niveau du cartilage tarse, on charge à la soie, au fil de lin ou au crin fin toute l’épaisseur de la paupière, l’aiguille pénétrant dans la peau à quelque distance de la lèvre cruentée ; elle charge le tarse, glisse sous la muqueuse, pour ressortir de façon symétrique.

Deux ou trois fols sont ainsi serrés lâchement sur un bourdonnet de gaze assez gros pour mettre la paupière à plat.

Mieux que la suture à plans séparés, ce mode de suture assure l’affrontement parfait ; il supprime les espaces morts et évite ainsi les hématomes ; il assure un affrontement à plat, sans angulation des lambeaux.

Le fil d’appui, serré le dernier, assure la coaptation parfaite du bord libre, sans divergence des cils, sans colobome.

Colobome oculaire
Colobome oculaire

La blépharorraphie, comme temps complémentaire, ne s’impose pas ; elle est cependant de bonne pratique car elle donne un point d’appui qui renforce et étaie la suture.

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