Oblitération de l’artère centrale

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Les troubles visuels qui succèdent à l’oblitération des artères de la rétine empruntent au caractère terminal de ces artères leur physionomie particulière.

Pour peu que l’oblitération dure plus de 30 mm, l’ischémie du territoire rétinien privé de l’apport sanguin aboutit à la nécrose, à la mort des éléments nerveux de la rétine. Le champ de la rétine devient aveugle.

L’oblitération des artères peut s’installer lentement, par sclérose progressive des parois ou rapidement, par endartérite ou même brusquement. Elle peut se manifester de façon passagère.

Embolie de l’artère centrale de la rétine

Le trouble visuel s’installe brusquement, à l’occasion d’un effort, d’un mouvement brusque de la tête, ou sans cause apparente.

Artère centrale de la rétine
Artère centrale de la rétine

Le malade ne se rend pas toujours compte de ce qui lui arrive ; il a l’impression d’un voile ; il se frotte est aveugle. Assez souvent, c’est au réveil qu’il s’aperçoit du trouble survenu pendant la nuit.

Il n’est pas rare que cet accident subit ait été précédé de quelques semaines par des crises d’obscurcissement visuel, durant quelques secondes.

La cécité de l’œil atteint est totale A l’examen, la pupille est dilatée en mydriase ; elle ne se contracte plus à l’éclairage direct mais le réflexe consensuel persiste et la pupille se contracte lorsqu’on projette la lumière sur l’œil sain.

Le tableau ophtalmoscopique

Le tableau ophtalmoscopique est tout à fait caractéristique ; la papille est pâle, ses bords légèrement voilés.

Le champ de la rétine est extrêmement œdémateux, d’un blanc laiteux ; ce n’est que vers la périphérie que le champ de la rétine a conservé une teinte voisine de la normale.

Les artères sont extrêmement grêles, filiformes, segmentées, parfois vides de sang, visibles sous forme de traînées blanches où le cours du sang interrompu, dessine des segments rouges ou un simple pointillé.

Les veines, grêles, de calibre inégal, parfois elles-mêmes segmentées, se distinguent mal des artères.

La pression sur le globe fait apparaître sur les artères et sur les veines, un courant granuleux. Sur le champ blanc laiteux de la rétine, la macula tranche, par contraste, sous forme d’une tache rouge cerise ou brune.

De jour en jour, le tableau se modifie. Le trouble se rétracte au centre de la rétine, autour de la papille et de la macula, formant autour de la macule un bourrelet saillant en couronne de boulanger. Quelques suffusions hémorragiques apparaissent dans l’œdème.

œdème papille
œdème papille

Les artères, toujours grêles, perdent peu à peu leur aspect segmenté ; les veines sont dilatées ; un réseau de vaisseaux néoformés se dessine sur la papille et à son voisinage.

Parfois, une tache ecchymotique irrégulière occupe la macula, tachetée de points blancs.

La vision reparaît dans un partie limitée du champ temporel. Après quelques semaines, l’œdème est dissipé. La papille est blanches, atrophique.

Les artères restent blancs. Il n’est pas rare d’observer sur les artères, au voisinage immédiat ou à distance de la papille, des figures anévrysmatiques, des ectasies ampullaires caractéristiques, échelonnées sur le trajet de l’artère.

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