Le corps étrangers de l’orbite

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Les plaies pénétrantes de l’orbite entraînent souvent avec elles des corps étrangers.

Dans le cas de plaie par instrument piquant, une pointe de fleuret, une lame de couteau peuvent se briser et demeurer dans l’orbite, où leur présence n’est même pas soupçonnée.

Même s’il s’agit de plaie contuse large, un corps étranger peut demeurer dans la plaie et seule l’abondance anormale ou la persistance de la suppuration peut attirer l’attention.

Corps étrangers
Corps étrangers

Le corps étranger

L’histoire clinique des corps étrangers insoupçonnés de l’orbite pourrait être illustrée par de nombreux exemples :

On a assisté autrefois le Professeur Tixier dans l’ablation tardive d’un énorme éclat de fusil de chasse, long de 9 cm, dont le blessé ne soupçonnait pas l’existence.

L’œil avait été emporté par l’éclatement du fusil. La pièce a été conservée à la clinique du Professeur Rollet.

Un autre malade allait être opéré pour la troisième fois d’un prétendu épithélioma de la région sourcilière. Il s’agissait, en réalité, d’un bourgeon charnu exubérant éversé en champignon autour d’une fistule par où s’écoulait, à la pression de l’orbite, une gouttelette de pus laiteux.

La radiographie ne montrait rien. On eut beaucoup de peine à convaincre le malade qu’il s’agissait d’un corps étranger de l’orbite.

Les fragments de bois

A l’opération, on retira un fragment de bois, long de 4cm. Le blessé était tombé sur l’angle d’une chaise 4 ans auparavant. le blessé put vérifier que le fragment s’adaptait au dossier de la chaise d’où il venait.

Chez des blessés par bombardement, il m’est arrivé plusieurs fois d’enlever tardivement d’énormes éclats de bois, remplissant l’orbite et le sinus maxillaire, alors que les téguments, après une exploration sommaire de l’orbite, avaient été suturés primitivement.

Le sinus maxillaire
Le sinus maxillaire

Les fragments de bois, parce qu’ils sont absolument invisibles à la radiographie, représentent la majorité des corps étrangers méconnus de l’orbite. Ils peuvent demeurer longtemps tolérés, jusqu’au moment où apparaissent les manifestations inflammatoires tardives.

Même à ce moment, de graves erreurs de diagnostic peuvent être commises. On prend les bourgeons charnus exubérants pour un épithélioma ; on pense, en présence des phénomènes inflammatoires torpides, à une ostéopériostite syphilitique du rebord orbitaire.

Toute fistule des paupières, en regard du bord de l’orbite, entourée de bourgeons charnus et laissant écouler un pus blanchâtre, laiteux, doit éveiller l’idée d’un corps étranger de l’orbite.

On pourrait dire aussi : En présence d’une exophtalmie inflammatoire, à l’allure torpide, chez l’enfant, il faut toujours penser à une plaie pénétrante possible de l’orbite, avec corps étranger intra-orbitaire méconnu.

Un tout jeune enfant présentait une exophtalmie inflammatoire de l’orbite. Celle-ci était provoquée par une aiguille implantée dans le bord inférieur osseux encore tendre et située dans l’orbite.

L’enfant s’était blessé probablement en se pressant brusquement sur le sein de sa mère ; l’accident était passé inaperçu.

La radiographie est toujours indispensable mais en présence d’une épreuve radiographique négative, on ne doit pas conclure à l’absence de corps étranger.

Traitement

Les corps étrangers petits, bien tolérés, peuvent être laissés, s’ils ne sont pas courir de risque pour l’œil. Le traumatisme opératoire risquerait d’être plus dangereux que le corps étranger lui-même.

La fistule est une indication formelle d’opérer, car elle entraine, à la longue, une déformation des paupières irrémédiable.

Il faut s’efforcer d’extirper en blocs le trajet fistules et la coque inflammatoire qui enferme le corps étranger.

Il est bon de pratiquer, au moment de l’opération, une injection de sérum antitétanique.

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