Le tabes

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Tabes est la sclérose des cordons postérieurs de la moelle épinière en rapport avec l’atteinte des racines postérieures, qui sont elles-mêmes atrophiques.

S’il se résume à ces altérations anatomiques, il apparaît à priori difficile de concevoir qu’il comporte, parmi ses manifestations cliniques les plus habituelles, l’atrophie du nerf optique et les paralysies des nerfs oculo-moteurs.

Les nerfs-oculomoteurs
Les nerfs-oculomoteurs

En réalité, il suppose une atteinte plus générale du système nerveux central.

Atteinte parenchymateuse primitive du tissu nerveux

On a tendance à admettre, à l’heure actuelle, une atteinte parenchymateuse primitive du tissu nerveux, dans la région du protoneurone sensitif.

Le tréponème se fixerait directement sur les fibres nerveuses (on l’a mis en évidence sur les racines postérieures et les cordons postérieurs de la moelle).

On invoque une vulnérabilité particulière des cordons postérieures sensitifs pour lesquels le spirochète aurait une affinité élective.

On rajeunit ainsi en faveur du spirochète ou de sa toxine l’ancienne théorie de Strümpell, qui pensait à une infinité spéciale du poison syphilitique pour un certain ordre de fibres et faisait du tabes une maladie de système.

Les altérations méningées

Les altérations méningées, d’après cette conception, ne seraient que secondaires, dues à la propagation de l’inflammation de la moelle à ses enveloppes.

Il apparaît difficile cependant de comprendre la pathogénie des manifestation oculaires si l’on n’admet pas l’existence de lésions méningées, analogues à celles de la syphilis cérébrale.

Tout se passe en effet, dans le tabes et la P. G., comme si certains signes oculaire : l’atrophie optique et les paralysies des nerfs oculo-moteurs, étaient en relation avec les reliquats de la méningite syphilitique de la base.

Les altérations méningées existent dans le tabes ; il est vrai qu’elles sont habituellement discrètes. Il y a peu de temps encore, elles dominaient le conception pathogénie du tabes lui-même, avec des interprétations diverses : névrite radiculaire transverse, méningite postérieure, infiltration lympho-plasmocytaire de l’espace épidural, étranglement des racines dans la région d’Obersteiner-Redlich.

La méningite chronique syphilitique, en somme, retentit sur les prolongements cylindraxiles des ganglions spinaux à leur origine, à l’endroit où ils entrent en contact avec les méninges.

Les méninges
Les méninges

A ce processus initial succède une dégénérescence systématisée des cordons postérieurs.

Ces altérations méningées sont encore, à l’heure actuelle, mises en relief par certains auteurs. Barré ne va-t-il pas jusqu’à considérer le tabes comme une arachnoïdite.

La méningo-myéline syphilitique

Il serait la forme la plus typique d’arachnoïdite radiculo-cordonnale postérieure. La méningo-myéline syphilitique, dont les lésions sont limitées aux méninges et aux racines spinales, la paralysie syphilituqe d’Erb, que l’on considère actuellement comme une arachnoïdite chronique, apparaissent ainsi comme des affections très voisines du tabes, dont elles épousent la symptomatologie.

Certaines manifestations oculaires du tabes relèvent de l’atteinte du sympathique.

Enfin, l’existence d’un processus d’encéphalite diffuse associée aux lésions anatomiques caractéristiques du tabes concourt à réaliser le tableau clinique de la tabo-paralysie.

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