Méthode d’examen de la pupille anormale

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Seul l’examen ophtalmologique met à l’abri de ces causes d’erreur grossières de la pupille.

Méthode d’examen

En pratique, l’anisocorie ou inégalité des pupilles est ordinairement très facile à constater : une pupille semble plus grande que l’autre.

L'anisocorie ou inégalité de la pupille
L’anisocorie ou inégalité de la pupille

Cependant, la différence de diamètre varie dans de notables proportions ; à côté des cas évidents, il y a les cas douloureux.

D’autre part, l’inégalité pupillaire varie suivant l’éclairage. Il arrive, par le jeu des réflexes à la lumière, que l’inégalité soit compensée et ainsi inapparente.

Il faut donc avoir soin, après avoir noté le diamètre des pupilles en bon éclairage, d’atténuer celui-ci jusqu’à la pénombre.

Le sphincter se relâche alors, ce qui permet au dilatateur moins puissant de bien révéler son action.

L’inégalité devient alors très sensible et il n’est pas rare de voir des pupilles, qui paraissaient égales à la lumière, devenir inégales à la demi-obscurité.

En règle générale, la pupille dont les variations de grandeur, au cours de la recherche du réflexe à la lumière et de la réaction à la vision de près, sont plus faibles que celles de la pupille congénère, doit être considérée comme la pupille pathologique.

Au cours de l’examen, le malade doit regarder droit devant lui. Si les yeux, en effet, regardent de côté, la pupille de l’œil en abduction se met en mydriase.

Épreuve des collyres

Il arrive que l’inégalité, lorsqu’elle est compensée et latente, ne se manifeste pas, même à l’obscurité.

On peut utiliser alors l’épreuve dite de la mydriase provoquée, proposée par Cantonnet. En chambre obscure, on instille dans chaque œil une goutte de cocaïne à 2%.

Après quelques minutes d’attente, la dilatation d’origine sympathique apparaît.

Il y a cependant des cas où il est difficile de déterminer quelle est la pupille anormale, de dire s’il y a mydriase d’un côté ou s’il s’agit, au contraire, d’un myosis de l’autre.

C’est alors que l’épreuve des collyres, bien réglée par Coppez, peut rendre des services. Elle est basée sur l’action élective de certains alcaloïdes, les uns sur le parasympathique, les autres sur le sympathique.

La cocaïne, en solution à 2%, excite, semble-t-il, les terminaisons nerveuse du sympathique et provoque, à l’état normal, une mydriase modérée, avec conservation des réflexes.

L’adrénaline, de même, paraît exciter les terminaisons nerveuses du dilatateur et renforce les effets de l’instillation de cocaïne.

L’atropine paralyse les terminaisons nerveuses du III, ou plutôt elle annihile l’action de l’acétylcholine. Son instillation a pour effet une mydriase traumatique, le dilatateur devenant alors prédominant.

L’ésérine par contre, excitant les terminaisons nerveuses du III ou, plus exactement, protégeant l’acétylcholine, provoque la contraction du sphincter.

S’agit-il, dans un cas douteux, d’une mydriase par paralysie du III, ou d’une mydriase par excitation du sympathique ?

Paralysie du III
Paralysie du III

S’agit-il, dans un cas douteux, d’un myosis par paralysie du sympathique, ou d’un myosis par spasme du muscle sphincter ?

C’est alors que l’épreuve des collyres peut rendre des services.

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