Mesure de l’hétérophorie

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La mise en évidence de l’hétérophorie est facile, il doit être examinée pour la vision au loin, à distance de 5 ou 6 m et, pour la vision de près, à 30 cm.

Mesure de l’hétérophorie

Si le sujet est placé devant l’échelle graduée de Maddox, on note à quelle distance du point lumineux central de l’échelle se projette la strie rouge ; la mesure de l’hétérophorie est ainsi donnée instantanément.

Le croix de Maddox

Il est cependant plus simple, au moins dans un cabinet d’examen, où l’on ne dispose pas toujours d’une croix de Maddox, de mesurer l’hétérophorie en observant la puissance du prisme qui ramène à l’orthophorie, c’est-à-dire qui ramène la strie rouge au milieu de la source lumineuse.

Le croix de Maddox
Le croix de Maddox

On agit de la façon suivante :

Le verre à baguette de Maddox étant tenu devant l’œil droit (dans la monture d’essai), on présente successivement devant l’œil gauche des prismes de puissance croissante, jusqu’à ce que la strie rouge traverse la source lumineuse.

Les prismes sont placés : base externe, dans le cas d’esophorie (ligne rouge à droite de la source lumineuse), base interne dans le cas d’exophorie (ligne rouge à gauche de la source lumineuse), arête horizontale, dans le cas d’hyperphorie.

La mesure de l’ésophorie et de l’exophorie nécessitent le plus souvent l’emploi de prismes de puissance (dioptries prismatiques) élevée les verres prismatiques de la boîte de verres ne suffisent pas.

C’est pourquoi on utilise ordinairement l’échelle de prismes de Berens ou les prismes à rotation.

Pour la mesure à faible distance, pour la vision de près, à 33cm il est commode d’utiliser l’ampoule lumineuse de l’ophtalmoscope électrique, que le malade tient lui-même en mains.

Si le sujet est amétrope, il est de l’examiner d’abord sans sa correction optique puis, une seconde fois, après 1 ou 2 semaines, lorsqu’il a porté les verres correcteurs de son vice de réfraction.

Examen à l’aide de prismes

Hétérophorie dans la vision au loin

Les yeux fixant une source lumineuse située à 5m de distance, on place devant un œil (œil droit par exemple) un prisme de 5 à 10 δ prismatiques, l’arête orientée vers le haut ; l’image de la source lumineuse apparaît ainsi plus basse.

S’il y a orthophorie, les deux images sont vues exactement l’une au-dessus de l’autre.

Si l’image la plus basse est déviée du côté de l’œil droit (œil muni du prisme), il y a diplopie homonyme, donc ésophorie.

Si l’image la plus basse est déviée du côté gauche (œil découvert), il y a diplopie croisée, donc exophorie.

Si l’on veut déceler une hyperphorie, il suffit de placer le prisme avec arête verticale en dehors, de sorte que les rayons principaux (après la traversée du prisme) soient divergents pour les deux yeux.

Une diplopie apparaît aussitôt. S’il a hyperphorie, l’image de l’œil couvert par le prisme apparaît plus haute ou plus basse.

La diplopie
La diplopie

Hétérophorie pour la vision de près

Cette épreuve est utilisée également pour apprécier l’insuffisance de convergence. On peut se servir d’un prisme simple, à la manière de Graefe, ou mieux du double prisme de Maddox.

Il est formé de deux prismes (de 4°, 6° ou 8°) soudés par leur base. Placé devant un œil, il donne deux images.

L’image donnée par l’œil (vue d’ensemble) non couvert vient se placer entre ces deux images. Cela facilite la perception de la situation relative des images.

On place le double prisme dans la monture d’essai, du côté droit, la ligne de soudure du prisme placée horizontalement. On présente alors devant les yeux, à petite distance :

D’abord un carton sur lequel est marquée une ligne verticale interrompue par un O, à côté duquel il y a de fines lettres. On dit au sujet de lire ces lettres.

Il voit 3 O. S’ils sont tous trois sur la même verticale, il y a orthophorie dans le sens horizontal. Si les deux fausses images sont à gauche de l’O vraie, il y a diplopie croisée, donc exophorie.

Si elles sont à droite, il y a diplopie homonyme, donc ésophorie.

Le prisme à crête verticale qui ramène les 3 O sur la même verticale, mesure l’hétérophorie.

Ensuite, un carton marqué d’une ligne horizontale, en vue d’étudier une hyperphorie éventuelle.

Les phoromètres de Stevens, de Maddox, de Wilson, l’hétérophoromètre à prismes de Bielshowky reposent sur le même principe. Stock a apporté à l’appareil de maddox une modification élégante qui facilite l’examen.

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