Le trachome : étiologie et Anatomie pathologique

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Le trachome, ou conjonctivite granuleuse, est une affection contagieuse, caractérisée par la présence de granulations sur le conjonctive palpébrale et des lésions de la cornée.

L’évolution se traîne durant des années , elle aboutit souvent à la cécité.

Étiologie

La conjonctive granuleuse existe dans le monde entier, mais elle affecte particulièrement les pays du littoral méditerranéen.

  • en Égypte, 90% des enfants des écoles sont atteints de trachome
  • en France, le trachome ne se voit pour ainsi dire pas dans la population autochtone et les cas de contagion sont exceptionnels
  • on l’observe presque exclusivement chez les sujets qui ont cherché en France un refuge ou ont été amenés par l’immigration :
    • Arméniens
    • Espagnols
    • Polonais
    • Italiens

Cependant, le trachome s’observe fréquemment et avec une particulière gravité, chez les enfants nés en France de :

  • parent étrangers
  • Français de l’Afrique du Nord

L’absence d’hygiène et la promiscuité sont les conditions habituelles de la contagion. Le trachome est en effet une affection contagieuse. l’agent infectant nous est cependant encore inconnu.

Ni les inclusions découvertes en 1907 dans l’épithélium de la conjonctive, par Prowaczek et Halberstaedter, ni le Bactérium granulosis décrit en 1927 par Noguchi, ne peuvent être considérés comme l’agent du trachome, bien que l’on soit parvenu à reproduire expérimentalement, par inoculation du produit de raclage des granulation trachomateuses des hommes, chez certaines races de singes, une conjonctivite granuleuse d’aspect analogue au trachome de l’homme.

Les recherches récentes de Nicolle, Blaisot, Cuénod et Nataf, concordant avec celles de Busacca, conduisent à penser que l’affection serait due à des rickettsias et à admettre que la contagion se ferait par les poux.

Anatomie pathologique

La granulation trachomateuse constitue la lésion anatomique caractéristique du trachome. Elle occupe la couche superficielle, sous épithéliale, dite « adénoïde » du derme.

Trachome
Trachome

A l’état normal cette couche enferme des amas lymphoïdes qui constituent une barrière à l’infection. L’inflammation provoquée par le trachome se traduit par une hyperplasie lymphoïde qui aboutit à la formation du « follicule trachomateux », analogue à un follicule lymphoïde géant.

Le follicule n’est pas spécifique du trachome ; il présente cependant certaines particularités. Situé sous l’épithélium qu’il soulève, il est formé d’une couche périphérique constituée par des lymphocytes et d’un centre plus clair, formé de leucocytes mononucléaires, au milieu desquels on observe de grandes cellules de forme variable enfermant des enclaves qui paraissent être des déchets. Ces cellules, dites « cellules de Leber », sont probablement des phagocytes.

L’épithélium est soulevé par le follicule sous-jacent et bientôt détruit. Dans certaines cellules de l’épithélium on peut mettre en évidence, par les colorants, les corpuscules juxta-nucléaires ou inclusions de Prowaczek et Halberstaedter.

Les inclusions ne sont pas pathognomoniques du trachome, comme on l’a cru à un moment donné ; elles se voient dans les conjonctivites à inclusions du nouveau-né et dans la conjonctivite des piscines.

Les follicules trachomateux, par leur confluence, s’agglomèrent en une masse qui constitue la « granulation trachomateuse ».

Le follicule trachomateux peut évoluer vers :

  • la nécrose
  • la résorption spontanée
  • il peut encore évoluer vers la calcification, laissant en place une concrétion entourée de tissu cicatriciel

Plus souvent, il tend à se faire jour à travers l’épithélium ; il « crève » au dehors et se vide ; la perte de substance est comblée par du tissu cicatriciel.

Le follicule trachomateux s’accompagne souvent d’une hyperplasie papillaire de voisinage ; celle-ci est plus accusée dans le trachome déjà évolué. Le follicule trachomateux subit dans sa morphologie des modifications en rapport avec sa localisation anatomique.

C’est ainsi que l’on peut rencontrer, à l’examen histologique, des follicules trachomateux épars sous la conjonctive bulbaire, alors qu’ils ne se manifestent cliniquement par aucune saillie visible, même à la lampe à fente.

De même, au niveau du limbe, sur la cornée même, le follicule se développe avec des caractères qu’il présente au niveau de la conjonctive palpébrale ; il est situé au-devant de la membrane de Bowman ; celui-ci peut être altérée.

Les vaisseaux qui envahissent la cornée et qui constituent le « pannus trachomateux » sont situées pour la plupart sous la membrane de Bowman, dans les couches les plus superficielles des lamelles.

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