On ne doit pratiquer l’énucléation de l’œil que lorsqu’il n’est pas possible de faire autrement. Elle a cependant des indications formelles.
Traumatismes
On a abusé de l’énucléation dans les traumatismes. On ne doit pratiquer l’énucléation que dans le cas de grands délabrements du globe.

Traumatisme de l’œil
Une rupture de la sclérotique, même large, ne commande pas l’énucléation, surtout chez les sujets jeunes ; il est presque toujours possible de réparer la coque sclérale.
Même dans les cas de plaies de guerre, lorsque la vision paraît irrémédiablement perdue, il est souvent possible de restaurer le globe dans sa forme.
Un globe oculaire aveugle, conservé dans sa forme vaut mieux qu’une pièce de prothèse, à condition qu’il ne soit pas laid.
Ophtalmie sympathique
Par contre, un œil traumatisé, lorsqu’il est complètement aveugle ou paraît irrémédiablement perdu au point de vue de la vision, doit être énuclée lorsqu’il représente un risque d’ophtalmie sympathique.
C’est le cas lorsque des poussées d’iridocyclite torpide se succèdent sur un œil traumatisé. Dès les 15 premiers jours, si l’œil traumatisé, à peu près aveugle, est le siège d’iridocyclite, il est sage de proposer l’énucléation.
Dans le cas d’ophtalmie sympathique déclarée, le globe oculaire blessé doit être immédiatement énuclée, à la condition formelle qu’il soit complètement privé de vision.
Tumeurs malignes intra-oculaires
La présence à l’intérieur du globe d’une tumeur maligne (gliome de la rétine, sarcome de la choroïde) indique formellement l’énucléation.
On pourrait discuter l’indication d’une opération conservatrice dans le cas de tumeur maligne de l’iris.
Bien que l’extirpation, soit parfois anatomiquement possible, il vaut mieux avoir recours à l’énucléation qui seule assurer une guérison définitive.
Par contre, une tumeur épibulbaire maligne n’impose pas l’énucléation su elle est anatomiquement enlevable.
L’hémorragie expulsive
L’hémorragie expulsive, survenant dans les jours qui suivent une opération impose le plus souvent l’énucléation.
Un œil aveugle, devenu douloureux
Un œil aveugle, devenu douloureux, n’importe pas toujours formellement l’énucléation. S’il s’agit d’un œil atrophique, avec ostéome de la choroïde, devenu douloureux, le risque d’ophtalmie sympathique invite à l’énucléation.

Un œil aveugle de venu douloureux
De même, en présence d’un œil atteint de glaucome absolu, de venu douloureux, il faut recourir à l’énucléation, car l’œil renferme souvent un sarcome de la choroïde.
Dans les autres cas, on peut encore envisager la conservation de la coque sclérale.