La tuberculose lacrymale

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Particulièrement fréquente chez l’enfant et chez les sujets jeunes, la tuberculose lacrymale se manifeste parfois comme affection cliniquement primitive.

On pourrait se demander si la contamination ne s’est pas faite à la faveur des poussières infectées apportées par le courant des larmes.

Le courant des larmes
Le courant des larmes

Souvent aussi, on l’observe chez des tuberculeux avérés, associée à des lésions tuberculeuses pulmonaires, ganglionnaires ou osseuses, qui confirment son origine hématogène.

Plus fréquemment encore, elle apparaît manifestement comme secondaire à une infection nasale. La dacryocystite chronique est d’ailleurs souvent révélatrice d’un lupus nasal latent.

Plus rarement, l’infection du sac semble s’être faite par propagation directe d’une ethmoïdite tuberculeuse.

La tuberculose lacrymale se manifeste sous des formes anatomo-cliniques variées :

Dacryocystite purulente

C’est la forme habituelle de l’enfant. Le sac est dilaté ; la pression fait refluer un liquide purulent. Un ganglion volumineux fluctuant occupe la région parotidienne ou la région sous-maxillaire ; d’autres ganglions sont perçus jusque dans la région sous-mentonnière.

Dacryocystite fongueuse

La tuméfaction du sac est alors molle, pâteuse ; la pression sur le sac ne provoque pas de reflux purulent ; le sac est rempli de fongosités.

Abcès froid prélacrymal

Abcès froid prélacrymal, volumineux et saillant, franchement fluctuant, secondaire à une péricystite torpide.

Tuberculose fibreuse

Tuberculose fibreuse, forme rare, caractérisée par une tumeur sacculaire dure, de consistance cartilagineuse.

Péricystite tuberculeuse

Il n’est pas rare de voir la tuberculose lacrymale se manifester avec l’allure aiguë d’un phlegmon du sac.

La nature tuberculeuse d’abord insoupçonnée ne se révèle alors que par les caractères de la fistule lacrymale, dont les bords décollés, violacés, passent en pont au-devant d’orifices fistuleux multiples, ou encore par la suppuration secondaire torpide de l’adénopathie qui accompagnait la péricystite.

Lupus de la face

La tuberculose lacrymale évolue souvent Associée au lupus de la face. Elle peut être latente.

Lupus de la face
Lupus de la face

Seul l’examen systématique du sac, chez les malades atteints de lupus, peut donner une idée de la fréquence de la dacryocystite associée.

Dans les formes de lupus étendu à l’angle interne de l’orbite, la dacryocystite fongueuse est de règle, souvent associée à des lésions tuberculeuses de la conjonctive.

Le sac peut apparaître largement fistulisé, ouvert au fond d’une ulcération à bords déchiquetés.

Un suintement grumeleux glisse lentement sur la joue, inoculant de proche en proche les téguments.

Les lésions cutanés du lupus sont échelonnées le long du trajet suivi par les larmes.

Le diagnostic de la nature tuberculeuse ne s’impose pas toujours. L’adénopathie est le symptôme qui doit attirer l’attention sur la tuberculose possible.

Et même, chez un malade venu consulter pour une adénopathie de la région sous-maxillaire, on ne découvre que par un examen méthodique la tuberculose du sac qui en était l’origine.

L’évolution de la tuberculose lacrymale traîne en longueur, entrecoupée de poussées aiguës dues à une infection secondaire.

Le pronostic est cependant favorable, dans les cas du moins où il ne s’agit pas d’un tuberculeux avéré, chez qui la lésion lacrymale n’est qu’un epiphénomène.

Le traitement général ne suffit pas à amener la guérison d’une tuberculose lacrymale. L’extirpation du sac s’impose avec la totalité du canal lacrymo-nasal et avec les canalicules.

Elle est particulièrement indiquée dans le lupus de la face dont la guérison, actuellement assurée par le traitement de Charpy, ne s’amorce souvent qu’après l’extirpation du sac ; celle-ci met à l’abri de l’inoculation secondaire des téguments par les larmes.

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