Examen de la sécrétion conjonctive

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En présence d’une conjonctivite, il est toujours utile de pratiquer aussitôt que possible l’examen microscopique de la sécrétion conjonctivale, pour en déceler si possible l’étiologie. Il est bon de pratiquer aussi une culture.

Examen de la sécrétion conjonctivale

Le prélèvement se fait à l’aide d’une anse de platine flambée. La paupière inférieure étant abaissé, on promène l’anse de platine dans le cul-de-sac inférieur de dehors en dedans, une seule fois, en s’arrêtant dans le lac lacrymal, en dehors de la caroncule.

Conjonctive
Conjonctive

La sécrétion est recueillie sur une lame porte-objet stérile, en frottant légèrement sur une certaine étendue ou en ratissant avec le bord d’une autre lame, pour avoir une couche mince.

On peut encore retourner la paupière supérieure et appliquer une lame de verre par touches successives, espacées de quelques millimètres les unes des autres, sur la surface sécrétante.

On a ainsi des empreintes, un “décalque” de la muqueuse, qui représente non seulement l’exsudat mais aussi la sécrétion des cellules.

La préparation, une fois desséchée, est tenue horizontalement face en haut dans la flamme, deux ou trois fois de suite et lentement, le temps de fixer les éléments cellulaires. On peut également fixer avec quelques gouttes d’alcool-éther.

La coloration se fait avec le mélange de Pick-Jacobson ou avec une solution de bleu de méthylène.

Pour colorer le frottis, on dépose sur la préparation quelques gouttes du colorant que l’on laisse agir 20 à 30 secondes.

On lave sous un filet d’eau puis on dessèche sans chauffer.

Lorsque toute trace d’humidité a disparu, on dépose une goutte d’huile à immersion. Un grossissement de 600 à 800 diamètres permet de distinguer nettement les plus fins bacilles.

Pour différencier certains microbes, le gonocoque par exemple du staphylocoque ou du pneumocoque, on a recours à un procédé de coloration de contrôle : la méthode de Gram.

Un second frottis fixé à l’alcool-éther est coloré, pendant 10 à 30 secondes, avec la solution suivante :

  • solution saturée de violet de gentiane dans l’alcool à 95° : 10 cm3
  • eau phénique à 1% : 100 cm3

On fait agir ensuite, sans laver, pendant 4 à 6 secondes, la solution de lugol forte :

  • iode métallique : 1g
  • iodure de potassium : 2g
  • eau distillée : 200g

La préparation présente alors une coloration brunâtre. On lave puis on décolore par l’acétone-alcool.

  • acétone : 1 partie
  • alcool absolu : 2 parties

La préparation décolorée prend une teinte grisâtre. On lave et, s’il existe encore des parties colorées, on repasse à l’acétone-alcool. On lave de nouveau et on colore le fond avec une solution de fuschine.

  • solution saturée de fuschine dans l’alcool à 95° : 5 cm3
  • eau distillée : 100 cm3

Lorsqu’on examine alors à l’objectif à immersion, on retrouve facilement, colorés en violet, les microbes qui “prennent le Gram” :

  • pneumocoque
  • staphylocoque
  • streptocoque
  • bacille diphtérique
  • bacille massué du xérosis

Par contre, les microbes qui ne prennent pas le Gram ont perdu leur coloration initiale :

  • gonocoque
  • bacille de Weeks
  • bacille de Pfeiffer
  • diplobacille

Un examen recueilli lors d’un conjonctivite muco-purulente ou purulente contient toujours des éléments cellulaires. Les leucocytes polynucléaires et mononucléaires y prédominent ; on y voit aussi quelques cellules épithéliales mais on y découvre, entre les cellules ou dans leur protoplasma, les microbes qui sont la cause de l’infection.

Souvent cependant, on y trouve en abondance d’autres germes saprophytes, le staphylocoque en particulier, qui masquent l’agent pathogène en cause ; cette éventualité peut donner lieu à des erreurs d’interprétation.

La culture

Il faut prélever uniquement la sécrétion pathologique, pour éviter les causes d’erreur fréquentes. Il faut d’abord nettoyer le bord des paupières et laver la conjonctive au sérum puis attendre que de nouvelles sécrétions apparaissent.

Le prélèvement est fait à l’aide d’une pipette stérile, si la sécrétion est abondante, sinon à l’aide d’un bourdonnet de coton stérile monté sur un filament métallique, qu’on dépose ensuite dans un tube stérile.

La culture est ensemencée au laboratoire sur divers milieux :

  • gélose
  • gélose-ascite
  • bouillon

Inoculation

Elle est indiquée dans les cas particuliers. Si l’on soupçonne une tuberculose primitive de la conjonctive, on prélève par ponction le pus du ganglion prétragéen, qui sert à l’inoculation.

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