Dégénérescences de la conjonctive

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Après l’âge, la conjonctive subit une sorte de dégénérescence sénile. Elle devient moins transparente, légèrement pigmentée ; les vaisseaux présentent parfois des dilatations fusiformes, des ectasies sacculaires.

La pinguécula

La pinguécula
La pinguécula

Elle est une lésion bénigne, très fréquente chez les personnes âgées. Elle siège au voisinage du limbe, en dedans ou en dehors, sur le diamètre horizontal, dans la partie découverte, sous forme d’une tache triangulaire à base limbique, de coloration jaunâtre, où se dessine une trame vermiculaire.

Elle siège dans l’épaisseur de la conjonctive et se mobilise avec elle si on la refoule avec le bord palpébral.

C’est un état dégénératif caractérisé par le dépôt, dans le tissu sous-épithélial, de masses amorphes, hyalines et d’un amas de fibres élastiques fragmentées.

La pinguécula n’entraîne aucun trouble et ne nécessite aucun traitement. Il est bien de l’enlever, si le malade le désire, par une simple excision, suivie de la réunion des lèvres conjonctivales à la soie fine.

La concrétions de la conjonctive

On observe fréquemment, chez les personnes âgées, de minuscules concrétions blanches, d’aspect calcaire.

Les unes sont formées dans les cryptes de Henle. Ce sont de petits grains blancs superficiels parsemés sur la conjonctive.

Un grain peut devenir volumineux, faire saillie à la surface de la conjonctive, entouré d’une auréole inflammatoire rouge vif et provoquer un ulcère marginal de la cornée.

D’autres sont situées dans les glandes de Meibomius. Elles appartiennent au tableau clinique de la conjonctivite meibomienne.

On les voit par transparence, dans la rangée en dents de peigne des glandes de Meibomius, sous une forme de petits calculs allongés en noyau de datte les uns nacrés, d’autres grisâtres ou ardoisés. Ils peuvent être également la cause d’ulcères marginaux.

Lorsqu’on incise la conjonctive, au-devant du calcul, perpendiculairement au bord marginal, la concrétion est expulsée sous forme d’un calcul allongé, translucide.

Les concrétions sont plus rares à la paupière supérieure ; elles ne donnent alors aucune manifestation conjonctivale. Ce sont le plus souvent de vieux follicules trachomateux calcifiés.

Concrétions à la paupière
Concrétions à la paupière

La conjonctivite sèche sera étudiée avec les affections lacrymales.

La dégénérescence hyaline et amyloïde de la conjonctive est une affection très rare. Elle peut être secondaire à une inflammation chronique de la conjonctive.

Elle peut apparaître aussi chez des sujets jeunes, comme manifestation locale d’une dégénérescence amyloïde qui atteint le larynx, les poumons, le cœur.

Elle est due à la présence, sous l’épithélium, de masses homogènes qui donnent la réaction de l’amyloïde.

Elle débute dans le cul-de-sac inférieur qu’elle comble et se manifeste par un épaississement jaunâtre, d’aspect lardacé, cireux, sec, crevassé. Celui-ci peut envahir la conjonctive tarsienne.

Il éverse alors la paupière et forme, au-dessous de la cornée, une tumeur saillante, boudinée, horizontalement étendue d’un canthus à l’autre.

C’est une tumeur de consistance friable, avasculaire, qu’il est difficile d’enlever complètement ; mais l’ablation partielle suffit à améliorer l’état du malade.

Lorsque la conjonctive de la paupière supérieure participe au processus, les paupières apparaissent soulevées en deux énormes bourrelets, au point que le malade ne peut plus ouvrir les yeux.

Si on force l’ouverture, on voit saillir des masses irrégulières, lobulées, friables qui se déchirent, entraînant une légère hémorragie.

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