Affections inflammatoires de l’iris

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On réserve le terme d’iritis aux inflammations bien caractérisées, apparemment limitées à l’iris.

Considération générale

Mais il ne faut pas perdre de vue, dans l’étude des iritis, que l’iris n’est qu’une partie morphologiquement différenciée du tractus uvéal, membrane vasculaire de l’œil.

Une infection endogène, apportée par voie sanguine, peut donner des manifestations cliniques apparemment localisée à l’iris, mais elle peut avoir, en même temps, essaimé sur tout le tractus uvéal.

L’iritis n’est alors que la manifestation locale d’une uvéite diffuse, dont les manifestations chroïdiennes insoupçonnées, peuvent passer inaperçues à un examen superficiel. Il y a en réalité : irido-cyclo-chroïdite, ou uvéite diffuse.

D’autre part, une infection endogène apportée à l’iris par la voie des artères ciliaires longues postérieures et disséminée par les branches du grand cercle artériel de l’iris, demeure rarement localisée à l’iris. Le corps ciliaire participe habituellement à l’inflammation. On dit alors : irido-cyclite.

Souvent aussi, la partie antérieure, périphérique de la choroïde participe au processus ; l’affection serait alors mieux dénommée : uvéite antérieure.

Uvéite antérieure
Uvéite antérieure

Ces notions essentielles doivent toujours être présentes à l’esprit en présence d’une iritis.

Étiologie

Les notions concernant l’étiologie sont d’une importance capitale dans les affections du tractus uvéal, parce que la recherche de l’étiologie, en présence d’une iritis, sera la tâche primordiale, dont dépend le plus souvent l’efficacité du traitement.

Les idées ont considérablement évolué sur cette question.

Historique

La syphilis et le rhumatisme étaient autrefois considérés comme les causes les plus habituelles de l’iritis jusqu’au jour où Michel montra que la tuberculose est un facteur étiologique des plus importants.

Encore, une iritis n’était-elle considérée comme tuberculeuse que lorsqu’elle se présentait sous la forme nodulaire dite iritis en foyers.

On sait actuellement qu’une iritis diffuse peut être de nature tuberculeuse aussi bien que syphilitique.

Avec les années, le rôle du rhumatisme passa peu à peu à l’arrière-plan, lorsqu’il fut démontré que les manifestations rhumatismales qui, effectivement, accompagnent souvent l’iritis, sont elles-mêmes la manifestation d’un état infectieux.

Cet état infectieux, cliniquement latent, est lui-même en relation avec l’existence, quelque part dans l’organisme, d’un foyer infectieux latent.

Cette notion de l’infection focale a pris, ces dernières années, à juste titre, une importance capitale.

L’iritis

L’iritis, comme toute inflammation du tractus uvéal, est le plus souvent d’origine infectieuse.
Dans un petit nombre de cas bien déterminés, l’iritis est due à une infection d’origine exogène.

Inflammation de l'iris
Inflammation de l’iris

Elle peut être due à une inflammation locale, venue de l’extérieur à l’occasion d’une plaie pénétrante de l’œil, d’une intervention chirurgicale.

Elle peut apparaître tardivement, à la suite d’une trépanation d’Elliot, l’infection du foyer opératoire se faisant à travers le mince feuillet de conjonctive qui recouvre la fistule.

La présence d’un corps étranger de la cornée entraîne souvent une réaction irienne qui se traduit simplement par le myosis.

Une iritis peut apparaître si le corps étranger est entouré d’un infiltrat inflammatoire ; de même, une iritis accompagne habituellement l’ulcère de la cornée à hypopyon.

Dans la grande majorité des cas, l’iritis, comme d’ailleurs toute inflammation du tractus uvéal, est d’origine endogène ; elle est la manifestation d’un état infectieux de l’organisme.

L’infection peut être apportée par voie métastatique, les germes pathogènes circulant dans le sang étant charriés dans les artères ciliaires longues postérieures.

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