La vision binoculaire

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Cette vision est un processus psychique, une faculté pour la conscience de percevoir comme image unique les deux images rétiniennes qui lui sont présentés.

C’est un processus de perception d’une extrême complexité. Nous ne l’envisageons ici que dans ses éléments essentiels.

La vision binoculaire est rendue possible chez l’homme par la disposition anatomique des yeux, qui permet à chacun de voir en même temps le même objet.

La vision binoculaire
La vision binoculaire

Chaque rétine reçoit de cet objet une image. Pour être fusionnées en une seule, les deux images doivent être présentées à la conscience dans des conditions convenables :

Elles doivent être similaires sinon absolument identiques ; cette condition est remplie par la correspondance rétinienne.

Elles doivent être superposées l’une à l’autre à la faveur d’un équilibre oculo-moteur parfait, qui assure la fixation binoculaire d’abord, puis parachève la fusion.

Alors seulement devient possible la sublimation des deux images en une image unique, par un processus de synthèse, sur le plan plus élevé de la perception.

Le champ de vision binoculaire

La vision binoculaire est une acquisition phylogénétiquement tardive.

Chez les vertébrés inférieurs, comme les poissons, comme les oiseaux, les yeux sont situés latéralement, de chaque côté de la tête.

L’oiseau voit simultanément des objets différents. De l’œil droit, il voit les objets situés à sa droite ; de l’œil gauche, il voit les objets situés à sa gauche, mais jamais un même point n’est vu à la fois par les deux yeux.

Tout l’espace environnant est visible : il y a vision panoramique. Celle-ci est essentielle pour l’existence de l’oiseau ; elle le protège du danger qui peut venir de tous côtés ; elle lui permet de poursuivre une proie dans l’espace.

A mesure que l’on avance dans la série animale, les yeux ont tendance à se rapprocher en devenant antérieurs.

La convergence des axes oculaires, chez l’homme, amène les champs visuels à se recouvrir mutuellement.

Ainsi se trouve réalisé en champ visuel commun aux deux yeux : le champ de vision binoculaire.

Dans cette région commune, les deux rétines, au lieu de recevoir chacune une image très différente, reçoivent d’un objet une image similaire sinon absolument identique.

La vision gagne en qualité ce qu’elle a perdu en étendue. La vision binoculaire se substitue à la vision panoramique.

Les deux champs visuels ne se recouvrent pas complètement. Il persiste, de part et d’autre du champ de vision binoculaire, comme reliquat de la vision panoramique, une partie de champ visuel appartenant en propre à chaque œil : le croissant temporal, large de 30° ; c’est le champ de vision simultanée.

Une vision panoramique
Une vision panoramique

Points correspondants des rétines

Dans toute la moitié droite ou gauche du champ visuel commun aux deux yeux, les moitiés homonymes des deux rétines.

Dans les conditions normales, si les deux yeux fixent un objet (un point lumineux par exemple), les images tombent des deux côtés sur la fovea.

L’objet est vu simple parce que la fovea est le point correspondant par excellence des deux rétines.

De même, sont vus simples tous les objets situés sur le même horoptère, dont l’image tombe sur des points correspondants de la rétine (champ de la rétine).

On dit encore : aires correspondantes, ou aires identiques.

Si les deux images d’un objet tombent sur ces points, l’objet est vu simple et la vision binoculaire est rendue possible.

Si au contraire les images ne tombent pas sur des points correspondants de la rétine, si, par exemple, comme dans le strabisme, du fait de la déviation d’un œil, l’image tombe sur la fovea d’un œil et, dans l’autre, à distance de celle-ci, il y a défaut de correspondance rétinienne.

On dit alors que les images sont disparates et la diplopie apparaît.

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