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titre: "Tous sur l’accommodation"
chemin: "/tous-sur-laccommodation"
type: article
format: markdown
langue: fr
description: "L'accommodation joue un rôle primordiale en ce qui concerne la vison ; c'est la raison pour laquelle il est important de tous connaître sur ce point."
statut: publie
publie_le: 2014-12-30T07:11:53+00:00
version: 2
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L’**accommodation** joue un rôle primordiale en ce qui concerne la vison ; c’est la raison pour laquelle il est important de tous connaître sur ce point.

## Mesure de l’accommodation

![Accommodation](/wp-content/uploads/2014/12/accommodation-300x184.jpg)

*Accommodation*

Cette **mesure est facile**.

Il faut d’abord rendre l’oeil **emmétrope** en corrigeant par les verres le vice de [réfraction statique](/lophtalmometre-pour-determiner-la-refraction-statique/ "L’ophtalmomètre pour déterminer la réfraction statique"), s’il existe, puis chercher à quelle distance de la surface antérieure de la cornée se trouve de **punctum proximum**, enfin mesurer cette distance à l’aide d’un ruban métrique.

### Scheiner, 1619

La méthode la plus simple et la plus exacte est aussi la plus anciennement connue.

Il suffit de **percer une carte** de 2 trous d’épingle très rapprochés (distance inférieure au diamètre de la pupille) et, regardant à travers les trous de cette carte appliquée sur l’oeil, une épingle bien éclairée, d’observer à quelques distance l’épingle commence à se dédoubler.

La distance est mesurée à l’aide d’un **ruban métrique** (la règle de Prince est un ruban d’acier marquée en millimètres d’un côté, en dioptries de l’autre) ; mais une simple ficelle fait l’affaire.

### La carte de Duane

La **carte de Duane** est tout simplement une carte de visite sur laquelle est gravée une ligne noire longue de 3 mm, large de 0,2 mm.

On l’approche de l’oeil jusqu’au point où la ligne commence à être troublée.

### L’optomètre de Donders

L’appareil classique est l’**optomètre de Donders**.

C’est un **cadre métallique** en forme de harpe, dont les cordes sont représentées par 2 ou 3 cheveux tendus.

On approche de l’oeil et on mesure la distance à laquelle les cheveux commencent à se dédoubler.

### L’échelle optométrique

![échelle optométrique](/wp-content/uploads/2014/12/echelle-optométrique-291x300.jpg)

*échelle optométrique*

 

On peut aussi présenter au sujet l’**échelle optométrique** pour la vision de près et lui demander de lire attentivement les plus fins caractères.

On approche l’échelle de l’[oeil](/loeil-vue-densemble/ "L’oeil : vue d’ensemble") jusqu’à ce que la vision se trouble ; le **punctum proximum** est alors dépassé.

### La modification de l’épreuve

Pour peu que le sujet soit âgé, le **punctum proximum** est trop éloigné pour que les fils de l’**optomètre** ou les caractères de l’**échelle** soient vus distinctement.

On peut alors modifier l’épreuve en plaçant devant l’oeil un **verre convexe** de 3 dioptries, qui rapproche P à 33 cm.

Il suffit de tenir compte de ces 3 dioptries et de les retrancher de l’aptitude d’accommodation obtenue avec le verre.

### Les verre concave

On peut aussi déterminer l’**amplitude d’accommodation** en utilisant les verres concaves.

Le sujet est placé à 5 m de l’échelle murale d’acuité, muni des verres correcteurs pour la vision au loin ; il voit bien les caractères de l’échelle.

On place alors devant l’oeil un verre concave de 1 dioptrie.

Si l’**acuité**, un instant troublée, reste bonne, c’est que l’**accommodation**, bien qu’on l’ait ainsi diminuée d’un dioptrie, a encore des dioptries à sa disposition.

On augmente alors progressivement la force du verre concave et l’on interpose ainsi devant l’oeil des verres de 2,3,4,5 dioptries.

Le **verre concave** le plus fort qui peut être placé sans trouble d’acuité visuelle mesure l’amplitude d’accommodation de l’oeil examiné.

## Phénomènes associes à l’accommodation dans la vision de près

L’**accommodation** n’entre pas seule en jeu dans la vision de près.

- la vision nette d’un objet rapproché exige bien, avant tout, l’augmentation de [réfraction](/determination-de-la-refraction-statique-par-la-skiascopie/ "Détermination de la réfraction statique par la skiascopie") que donne l’accommodation et qui assure la « focalisation », mais elle exige en outre que les 2 lignes du regard soient dirigées vers l’objet fixé
- la convergence des lignes visuelles est la condition de la fusion en une seule des images des 2 yeux
- elle nécessite aussi le resserrement de la pupille : le myosis ; Le myosis empêche les phénomènes d’aberration qu’entraîneraient les modifications de courbure survenues dans le cristallin ; il joue le rôle de trou sténopéique ;  il augmente en outre la profondeur du foyer comme fait le diaphragme d’un objectif ; Il diminue enfin la quantité de lumière qui entre dans l’oeil

Les 3 actions associées sont donc :

- accommodation
- convergence
- resserrement de la pupille

Elles constituent un mouvement d’ensemble, une « **syncinésie** » pour la vision de près.

Il y a entre ces 3 fonctions une collaboration constante et une certaine harmonie.

Il semble que l’**accommodation** « mène le train » et qu’elle entraîne la mise en jeu des 2 autres.

## Système nerveux et accommodation

Ce mouvement d’ensemble pour la vision de près est commandé par le même **centre nerveux**.

### Le parasympathique

Le **parasympathique** est préposé à la **vision de près**.

Il commande :

- à l’accommodation, par contraction des fibres circulaires du muscles ciliaire (muscle de Rouget-Müller)
- à la convergence, par la contraction des muscles droits internes
- au myosis, par la contraction du sphincter de la pupille

Les fibres sont contenues dans le tronc du nerf moteur oculaire commun.

### Le sympathique

Le **sympathique** est préposé à la **vision au loin**.

On tend à admettre actuellement, conformément aux expériences trop peu connues de Morat et Doyon, qu’il y a une **accommodation** pour la vision au loin, une « **focalisation** » pour les poins très éloignés.

Elle est soumise à l’action des fibres méridiennes du muscle ciliaire (muscle de Brücke) innervées par le **sympathique**.

## Accommodation et convergence ; accommodation relative

![](/wp-content/uploads/2014/12/convergence-176x300.jpg)

Il y a accord entre l’**accommodation** et la **convergence**.

Quand les 2 yeux fixent un objet éloigné, si le sujet est **emmétrope**, l’[accommodation](/mecanisme-amplitude-et-parcours-de-laccommodation/ "Mécanisme, amplitude et parcours de l’accommodation") est relâchée, les axes visuels sont parallèles.

A mesure que l’objet se rapproche, accommodation et convergence sont sollicitées.

Quand les 2 yeux regardent un objet situé droit devant eux, à 1 m de distance, ils **accommodent** de 1 dioptrie ; en même temps, ils convergent d’un angle métrique.

Si l’objet est approché à 50 cm, sa fixation nécessite un effort de **convergence** de 2 angles métriques ; le voir net nécessite une accommodation de 2 dioptries.

S’il est approché à 25 cm, sa fixation réclame une **convergence** de 4 angles métriques et la vision distincte exige 4 dioptries d’**accommodation**.

Il y a donc un **rapport intime entre convergence et accommodation**.

Cette relation n’est cependant pas absolue.

Accommodation et convergence ont, vis-à-vis l’une de l’autre, une certaine indépendance.

Si, par exemple, on demande au sujet emmétrope de fixer attentivement un point rapproché, à 33 cm, il converge de 3 angles métriques et il accommode de 3 dioptries.

Si on fait alors passer devant ses yeux des verres convexes de 1, puis de 2 dioptries un léger trouble survient d’abord, mais il est vite surmonté et la vision redevient nette.

Le sujet ne cesse pas de **converger** de 3 angles métriques, tandis que son **accommodation**, avec un verre +2, n’est plus que de 1 dioptrie.

De même, si on fait passer des verres concaves de 2 dioptries, après un trouble passager, la vision redevient nette.

A ce moment, le sujet continue à **converger de 3 angles métriques**, tandis qu’il **accommode de 5 dioptries**.

La quantité d’accommodation, en plus ou en moins, qui peut être mise en jeu pour un angle de convergence donné, est appelé : « **accommodation relative** ».

Cette indépendance ne joue que pour des variations de peu de dioptries.

Elle se manifeste en clinique :

- un hypermétrope de 2 dioptries converge de 3 angles métriques alors qu’il accommode de 5 ou 6 dioptries
- un sujet myope de 4 dioptries, lorsqu’il lit à 25 cm, converge de 3 angles métriques, alors qu’il n’accommode pas.

Il y a désaccord entre la **convergence** et l’**accommodation**.

Ce désaccord peut se traduire par l’apparition d’un **strabisme**.
