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titre: "Examen à la chambre noire : examen du segment antérieur"
chemin: "/examen-la-chambre-noire-examen-du-segment-anterieur"
type: article
format: markdown
langue: fr
description: "Les signes observés jusqu'ici vont être maintenant confirmés et précisés par l'examen à la chambre noire : d'abord, si l'on veut, à l'éclairage oblique, puis surtout par l'examen biomicroscopique à la lampe à fente."
statut: publie
publie_le: 2014-12-22T11:57:42+00:00
version: 2
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Les signes observés jusqu’ici vont être maintenant confirmés et précisés par l’**examen à la chambre noire** : d’abord, si l’on veut, à l‘**éclairage oblique**, puis surtout par l’**examen biomicroscopique** à la lampe à fente.

## Examen  l’éclairage latéral

![Éclairage oblique](/wp-content/uploads/2014/12/Eclairage-oblique-300x219.jpg)

*Éclairage oblique*

Appelé encore **éclairage oblique** ou par **illumination focale**.

Le principe de cet examen est de **projeter** et de **focaliser**, sur un point précis du segment antérieur de l[‘oeil](/loeil-vue-densemble/ "L’oeil : vue d’ensemble") que l’on examine, un **faisceau lumineux convergent**, à l’aide d’une lentille de 14 ou 16 (dioptries).

On observe à l’**oeil nu** ou à la **loupe binoculaire**.

Le sujet est **assis** à côté de la source lumineuse, placée à hauteur de l’oeil à examiner.

La **loupe**, tenue entre le pouce et l’index à quelques centimètres de l’oeil (tandis que le médius relève la paupière), projette le **faisceau lumineux** très obliquement, « condensant » la lumière sur la **cornée**, puis sur l’**iris**.

On met ainsi en évidence : un **corps étranger** de la cornée, un **défaut** de transparence, un **trouble** de l’humeur aqueuse, les précipités à la face postérieure de la cornée.

On peut observer l’**iris**, son ombre portée sur le **cristallin**, découvrir les synéchies iriennes, observer le **réflexe pupillaire à la lumière**, de chaque pupille isolément, reconnaître l’existence d’une cataracte corticale.

A l’heure actuelle, l’**éclairage oblique** a perdu beaucoup de son intérêt, depuis que l’**examen biomicroscopique** à la lampe à fente est devenu d’un **usage courant**.

Il est d’un précieux **secours** cependant dans les conditions d’examen (malade alité) qui ne permettent pas l’emploi de la **lampe à fente**.

(Certains ophtalmoscopes électriques permettent, par déplacement du condensateur, de pratiquer l’éclairage oblique.)

## Examen biomicroscopique à la lampe à fente

![Biomicroscopique](/wp-content/uploads/2014/12/biomicroscopique-300x136.jpg)

*Biomicroscopique*

La **lampe à fente** représente un perfectionnement de l’**éclairage focal** :

- en ce que l’examen de l’oeil est pratiqué au microscope binoculaire de Czapski, qui redresse les images
- en ce que la lumière focalisée est celle d’une fente linéaire qui réalise un « coupe optique » du milieu qu’elle traverse

**Principe** : La **lumière** venue de la **lampe de Nerst** (ampoule à bas voltage dont le filament métallique en spirale, vertical, donne une lumière intense très blanche ; elle est enfermée dans un manchon) est focalisée sur la **fente du diaphragme** par un système collecteur de lentilles.

La fente devient ainsi la **source lumineuse**, dont les rayons sont projetés obliquement et condensés sur l’oeil par une lentille « condensante », exactement comme dans l’**éclairage focal**.

Les **faisceau lumineux** ainsi condensé est **homogène**, à bords nets ; il donne une véritable « coupe optique » des milieux qu’il travers.

On peut **régler** le dispositif de façon à donner un **faisceau lumineux diffus**, qui permet un [examen](/lexamen-methodique-de-lappareils-visuel/ "L’examen méthodique de l’appareils visuel") d’ensemble ; on peut d’autre part le **focaliser** pour un **examen précis**.

La **lampe à fente**, lorsqu’on a acquis l’expérience de son maniement, donne des **renseignements** extrêmement **précis**.

Elle permet d’examiner :

- la **cornée** : ‘éclairage diffus et en coupe optique permet de localiser avec précision une opacité de la cornée, de déterminer le siège en profondeur d’une vascularisation pathologique ; l’éclairage en lumière réfléchie permet de mieux observer les précipités, de voir les globules rouges circuler dans les vaisseaux néoformés d’une kératite interstitielle, de mieux déceler une buée épithéliale
- la **chambre antérieure** où l’on peut observer le phénomène de Tyndall
- l’**iris**, en éclairage direct ou en transillumination
- la **pupille** on peut observer le jeu de la pupille considérablement agrandie ; on peut examiner les adhérences de la pupille à la cristalloïde antérieure et apprécier la façon dont la pupille se libère.
- les **fibres de la zonule et les procès ciliaires** dans le cas de colobome de l’iris
- le **cristallin** dans toute son épaisseur
- les **parties antérieures du vitré**

Un **dispositif spécial** (miroir de Koeppe et verre de contact) permet également l’**examen** en coupe optique du **fond d’oeil** (biomicroscopie de la rétine).

La **lampe à fente** permet aussi d’examiner la **conjonctive**, d’étudier le détail d’une **tumeur** en vue d’assurer le diagnostic, d’observer mieux un **follicule de la conjonctive**.

Elle permet l’**examen** de l’angle de la **chambre antérieure**, à la faveur d’un artifice (gonioscopie).

La **lampe à fente** est un magnifique instrument de travail pour l’**ophtalmologiste**.

Comme Mawas l’a bien affirmé, elle permet un **examen microscopique** sur le vivant : une biomicroscopie.

Elle nous donne des **notions d’anatomie** que l’examen histologique ne nous aurait pas permis d’acquérir.

Elle nous permet d’observer dans ses détails la **contraction de la pupille**.

Elle nous permet de voir ce qui se passe et non pas seulement ce qui s’est passé ; elle nous permet aussi de comprendre la **physio-pathologie** d’un grand nombre d’altérations fonctionnelles et de lésions du segments antérieur.

## La gonioscopie

![](/wp-content/uploads/2014/12/goniscopie-300x154.jpg)

L »‘angle de la **chambre antérieure** (angle irido-cornéen) ne peut pas être examiné utilement à la lampe à fente, en raison de l’**opacité de la partie sclérale** du limbe et aussi parce que les lois de l’optique imposent aux rayons lumineux fortement obliques dirigés sur cette régions un réflexe totale.

L’examen du **sinus irido-cornéen** à la lampe à fente n’est passible que grâce à la mise en place sur la **cornée d’un verre de contact** spécial.

Celui-ci, supprimant la réflexion des **rayons lumineux**, permet à la fois d’**éclaire**r et d’**observer** l’angle de la chambre antérieure par un **petit miroir contenu dans sa masse**, convenablement choisi.

La verre de contact destiné à la gonioscopie, inventé par Salzmann, a été perfectionné par Koeppe, Uribe Troncoso, Barkan.

Actuellement, le **verre de contact de Goldmann** est le plus couramment employé.

C’est un verre en **matière organique**, extrêmement **léger** (4,8g) qui, posé sur l’oeil avec les précautions voulues, adhère à la surface du globe à tel point qu’il ne peut être retiré qu’avec peine.

Sa face antérieure est **plane** ; le plan du miroir la coupe à **64 °**.

En faisant pivoter le verre de contact sur l’axe de la cornée, on fait apparaître successivement tout l’**angle camérulaire**.

Lorsque le miroir est **en haut**, l’observateur voit le **sinus inférieur**, le plus intéressant et vice versa.

Les parties latérales de l’angle sont beaucoup moins facilement visibles.

Au cours de l’[examen](/examen-la-lumiere-du-jour/ "Examen à la lumière du jour") des sinus supérieur et inférieur, la fente lumineuse coupe verticalement l’angle et permet d’en **apprécie** la profondeur et le degré d’ouverture, en même temps que ses **éléments constitutifs**.

La mise en place du verre est **facile**, mais nécessite une certaine **collaboration du malade**.

Il n’est pas nécessaire d’instiller dans le **sac conjonctival** un **collyre anesthésiques**, qui aurait l’inconvénient de troubler la transparence de l’**épithélium cornéen**.

Le **verre de contact** est d’abord rempli d’une substance « mouillante », de **glycérine** par exemple, puis abondamment lavé au **sérum physiologique**, pour ne laisser en place qu’une mince pellicule qui permet ultérieurement l’adhérence.

Au moment de l’emploi, la face concave du **verre de contact**, emplie **de sérum physiologiqu**e tiède, est appliquée sur la **cornée du malade**.

Pour ce faire, le malade regarde directement le sol, tandis qu’un **aide** maintient de ses doigts les les **paupières écartées**.

Il est indispensable d’**éviter** la présence de la moindre **bulle d’air**, sinon l’adhérence du verre au globe oculaire ne pourrait être obtenue.

Lorsque le **verre** est correctement **appliqué**, il devient solidaire de tous les mouvements du globe ; il peut même être légèrement  incliné sur l’axe de lacornée, en vue d’examiner successivement les 2 faces de l’angle camérulaire avec plus de précision.
