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titre: "Autre utilité de l’ophtalmoscope : l’examen du fond de l’oeil"
chemin: "/autre-utilite-de-lophtalmoscope-lexamen-du-fond-de-loeil"
type: article
format: markdown
langue: fr
description: "L'ophtalmoscope permet aussi d'examiner le fond de l'oeil qui se fait en général de 2 façons :"
statut: publie
publie_le: 2014-12-23T09:25:09+00:00
version: 2
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L’ophtalmoscope permet aussi d’examiner le fond de l’[oeil](/loeil-vue-densemble/ "L’oeil : vue d’ensemble") qui se fait en général de 2 façons :

## Méthode indirecte ; examen à l’image renversée

### Principe

Lorsque le fond d’oeil illuminé d’un oeil fortement myope est observé  d’une distance assez grande pour que le punctum remotum tombe entre l’oeil du sujet et l’observateur, les détails du fond peuvent être vus, pour autant que l’observateur peut accommoder pour l’image formée par le punctum remotum.

Le principe de la méthode indirecte d’ophtalmoscopie consiste précisément à **rendre l’oeil observé** fortement **myope**, en plaçant devant lui une **lentille convexe** de force suffisante pour qu’un **image réelle** du fond soit formée **entre la lentille et l’observateur**, en position d’être observée.

Cette **image** de la rétine est **agrandie environ 5 fois** par la lentille condensante. de 13 dioptries.

![Matériels pour un examen à l'image renversée](/wp-content/uploads/2014/12/méthode-indirecte-300x193.jpg)

*Matériels pour un examen à l’image renversée*

### Technique

On utilise le **miroir concave** de l’ophtalmoscope et une **lentille convexe** de 13 ou de 15 dioptries.

Le sujet est assis dans la **chambre noire** sur un siège un peu **plus bas** que celui de l’**observateur**.

La **source lumineuse** est située à côté de lui, un peu en arrière, **à hauteur des yeux**.

L’observateur, placé devant lui à 50 cm, recommande au malade de **regarder au loin**, en direction du pavillon de l’oreille droite de l’observateur si on examine l’oeil droit, en direction de l’oreille gauche si on examine l’oeil gauche.

A l’aide du **miroir concave**, tenu devant notre oeil, légèrement incliné pour recevoir la lumière de la source lumineuse, on projette la **lumière sur l’oeil** observé et l’on aperçoit, à travers le trou du miroir, la **lueur pupillaire**.

La **lentille**, saisie entre le pouce et l’index de la main gauche, est **portée devant l’oeil** à observer, dans le plan frontal, à 6 ou 7 cm au-devant de lui (environ sa distance focale).

Les autres doigts prennent point d’appui sur le front.

En cette position de l’oeil (confirmée par le fait que l’image de la lampe, renvoyée par le miroir, tombe sur le bord externe de la pupille) la **papille apparaît**.

Il suffit d’**approcher** ou d’**éloigner** un peu la lentille pour mettre l’**image au point**.

C’est une **image renversée** qu’il faut se représenter située à petite distance en avant de la lentille, au **niveau de son foye**r (environ 8 cm) entre elle et l’observateur.

Le débutant est souvent **gêné** par le **reflet cornéen** dont il apprendra peu à peu à faire abstraction.

Il est **désorienté** surtout par l’image renversée, à laquelle il devra s’**accoutumer** après de longs tâtonnements.

Il doit se représenter que l’**image du fond d’oeil** se déplace dans le même sens que la **lentille**, en direction opposée à celle que prend sa tête.

S’il ne voit que la moitié supérieure de la **papille**, il est tenté d’**abaisser la lentille** pour voir la moitié inférieure ; c’est le **contraire qu’il faut faire**.

## Méthode directe ; examen à l’image droite

### Principe

Le fond d’oeil de l’observé, éclairé par le miroir, s’il est emmétrope, renvoie des rayons parallèles.

Si l’observateur se place sur le trajet de ces **rayons réfléchis** (en regardant par le trou du miroir), ces rayons viennent former leur foyer sur sa rétine (s’il est emmétrope) et donnent là une image nette.

Il suffit dont d‘**éclairer le fond d’oeil** de l’observé avec un simple **miroir concave**, sans qu’il soit besoin d’interposer une **lentille convexe** comme on est obligé de faire pour l’examen à l’image renversée ; l[‘examen](/lexamen-methodique-de-lappareils-visuel/ "L’examen méthodique de l’appareils visuel") est « **direct** ».

L’image n’est formée **nette** que si l’**oeil** de l’observé et l’oeil de l’observateur sont tous 2 **emmétropes**.

Si l’un ou l’autre ou les 2 sont **amétropes**, l’image ne sera **plus nette**.

De même, l’image peut être **troublée** du fait que l’observé, dans l’examen à l’image droite qui se fait tout près de son oeil, **accommode** toujours un peu et se comporte ainsi comme **myope**, de sorte qu’il faut presque toujours, en pratique, **interposer** derrière le trou du miroir un **verre concave**.

![Examen à l'image droite](/wp-content/uploads/2014/12/direct-300x121.jpg)

*Examen à l’image droite*

### Technique

A l’heure actuelle, les **ophtalmoscopes à réfraction** sont des ophtalmoscopes dits **électriques** ; la **source lumineuse** est enfermée dans le manche même de **l’appareil**.

Nous prendrons comme exemple, parce que plus représentatif, l’examen à l’**ophtalmoscope à réfraction ordinaire de Morton**.

L’[examen](/examen-la-lumiere-du-jour/ "Examen à la lumière du jour") est pratiqué en **chambre noire**, mais il n’exige pas une **obscurité aussi complète** que l’examen à l’image renversée.

La **source lumineuse** est placée à droite du sujet quant on examine l’oeil droit, à gauche quand on examine l’oeil gauche, un peu **plus éloignée** de lui que pour l’image renversée (de façon à éclairer le miroir incliné à 45 °).

L’**observateur** se place **en face** du malade, tenant l’ophtalmoscope dans le plan frontal et **regardant à travers l’orifice**.

Il se place tout **près de l’oeil** observé, à quelques centimètres de distance, examinant de l’oeil droit l’oeil droit de l’observé, examinant de l’oeil gauche l’oeil gauche de l’observé.

Dans cette position rapprochée, l’éclairement du **champ pupillaire** n’est rendue possible que grâce à l’**inclinaison du miroir à 45°**, dont la surface est « tournée » vers la **source lumineuse**.

Le **champ pupillaire** étant éclairé, on recommande au malade de **regarder au lion** devant lui, un peu en dedans, en direction de l’**oreille de l’observateur**.

On aperçoit alors l’**image de la papille**.

Pour la rendre **nette**, on agit de l’index sur le disque porteur de **lentilles** et l’on amène ainsi **devant le miroir**, de dioptrie en dioptrie, le verre qui assure la **meilleure mise au point**.

L’**observateur** peu ainsi, à condition qu’il soit lui-même emmétrope (ou rendu emmétrope par les verre correcteurs), et qu’il ait relâché son accommodation, déterminer **la réfraction de l’oeil** observé , il lui suffit de **noter quel verre** du disque à dû être amené pour assurer la **mise au point**.

Il peut aussi, en observant la **déformation de la papille** et en appréciant que les **vaisseaux** ne sont pas aussi nets dans un méridien que dans le méridien qui lui est perpendiculaire, se faire une idée de l’**astigmatisme de l’oeil**.

Pour voir la **région maculaire**, on recommande au malade de **regarder droit devant lui**.

Pour observer la périphérie, on lui demande de regarder dans la direction correspondant au **champ de la rétine** que l’on désire **examiner**.

La technique est infiniment plus **simple** et susceptible de plus de **souplesse** lorsqu’on emploi un [ophtalmoscope](/2-utilites-des-ophtalmoscopes/ "2 utilités de l’ophtalmoscope") électrique.

#### Comparaison de l’image renversée et de l’image droite

##### L’image renversée

###### Avantages

- elle offre un champ d’observation plus vaste ; elle permet d’avoir une vue d’ensemble du champ de la rétine.
- elle permet de mieux examiner les parties périphériques de la rétine.
- elle n’est pas gênée par les vices de réfraction du sujet.

###### inconvénients

- l’image renversée n’est grossie que d’environ 5 fois.
- elle ne permet pas d’observer les fins détails des vaisseaux.
- elle exige par contre un apprentissage laborieux qui rebute les débutants.

##### L’image droite

###### Avantages

- l’image droite est une image grossie environ 14 fois.
- elle permet l’exploration très minutieuse des détails du fond d’oeil.
- elle donne une image droite agrandie, que l’on peut mettre facilement au point, dont on peut apprécier et mesurer le relief.
- elle est à la portée du débutant et de tout médecin.
- elle permet de relever facilement l’iconographie du fond d’oeil.

###### inconvénients

- elle ne permet d’examiner en même temps qu’un champ limité du fond d’oeil.
- elle ne permet que difficilement d’examiner les parties périphériques de la rétine.

## Choix de la méthode à employer

![](/wp-content/uploads/2014/12/choix-300x129.jpg)

La **facilité** de l’[examen](/examen-la-chambre-noire-examen-du-segment-anterieur/ "Examen à la chambre noire : examen du segment antérieur") à l‘**image droite** surtout à l’aide des **ophtalmoscopes électriques** dont la maniabilité permet l’examen au lit du malade est précisément ce qui en fait **le défaut**.

L’examen à l’**image renversée** est peu à peu **délaissé**.

Les **jeunes ophtalmologistes** ne s’entraînent pas à le pratiquer ; ils se privent d’un **mode d’examen indispensable**.

On devrait toujours **commencer** par l’**examen à l’image renversée** et **préciser** les signes observés s’il y a lieu par l’**examen à l’image droite**.

C’est dans l’examen du **décollement de la rétine** que l’**image renversée** révèle ses **avantages** réels : d’abord, s’installer pour l’examen à l’image renversée amène à ne pas oublier de se servir du miroir plan, pour examiner la lueur pupillaire.

Surtout, seul l’examen à l’**image renversée** permet de ne pas **méconnaître une désinsertion de la rétine** au voisinage de l’ora serrata.

Il permet aussi un **repérage** plus facile au cours de l’**intervention**.

C’est ainsi dans le cas de **myopie forte** que l’examen à l’image renversée permet le mieux d’**observer le fond d’oeil**.

Les **ophtalmologistes** débutants doivent être mis en garde contre la **tendance** à choisir les « **solutions de facilité** ».
